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Animé des sentiments d’estime et d’amitié, que j’ai voués à la nationSuisse, je les lui ai manifestés par la proclamation du 30 mars; mais jelui dois encore, et je me dois à moi-même, de venir hautement annoncer, queje rends, dès ce jour, le Directoire, le Corps Législatif et toutes les autoritésconstituées des Villes, Bourgs et Villages, responsables sur leubs fortuneset sur leurs têtes des malheurs, soit généraux, soit particuliers, qui parleur opinion, contraire au régime révolutionnaire, s’y sont opposés, ouhâtent par leurs paroles, ou leurs actions l’époque de leur délivrance; lapeine de mort frappera de même ceux qui oseraient se permettre desvengeances particulières, quels que puissent être les crimes des individuscontre qui elles seraient dirigées. La loi seule doit frapper les coupables,et le pardon doit être offert au repentir. La même peine enfin seraprononcée contre les soldats de mon armée, qui se permettraient la moindreexaction. Dans peu de jours, braves Suisses, vous serez délivrés de vosennemis, le bonheur vous sera rendu, et le mien sera parfait, puisque leCiel m’a destiné à rompre vos chaînes, à vous rendre heureux, et àaccomplir par là le vœu d’un souverain qui vous chérit et estime.
Au Quartier Général de Zurich le 7 Juin 1799.
(Signé) Charles.