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Les Ministres de la guerre et des finances, seront chargés de régleravec vous, l’un l’appurement et la liquidation des comptes, des dettes etdes créances entre les deux Républiques, l’autre le mode de remboursement.
Les ordres sont donnés et les mesures sont prises pour faire par-venir de France les subsistances et les approvisionnements nécessairesà l’entretien des troupes françaises en Helvétie. L’intention du Gouver-nement français est de contribuer au soulagement de votre pays, partoutes les mesures que les circonstances rendront possibles à son actifet sincère intérêt; il serait peut-être injuste d’espérer que l’effet en seracomplètement senti avant l’époque où le théâtre de la guerre aura étééloigné; le Gouvernement français compte, pour hâter ce moment si dé-sirable, sur la réunion de tous les efforts de l’Helvétie.
Quant à la demande contenue dans une de vos notes, de laisser auDirectoire helvétique le droit de statuer sur les réclamations des per-sonnes, se disant Citoyens helvétiques, et inscrites sur des listes d’Emigrésfrançais, cette concession est contraire à nos principes de législation;mais vous avez déjà dit sans doute à votre Gouvernement, que la justicedes Consuls portait toujours la générosité aussi loin que la loi lui per-mette de l’étendre et qu’il s’empresserait de faire jouir leurs alliés,aussitôt que tous les Français, du bienfait de ce nouveau système d’ad-ministration.
Plusieurs des vos notes ont pour objet la situation politique de laSuisse et expriment le vœu de voir la République française, vous aiderà arriver au mode de Gouvernement qui vous assure le repos et leretour de la sécurité et de la prospérité.
Citoyen Commissaire, le vœu sincère des Consuls de la Républiqueest de voir dans votre pays, rendu au bonheur dont il est si digne, laforme de Gouvernement voulue par la majorité de vos concitoyens.
Les principes que les Consuls de la République font gloire de pos-séder, leur respect religieux pour l’indépendance à jamais inviolable desGouvernements, leur défendent l’influence que vous leur avez demandée.
Recevez, Citoyen Commissaire, l’assurance de ma parfaite considération.
(signé) Ch. Maur. Talleyrand.
56.
Paris, le 28 nivôse de l’an 8. (18. Januar 1800.)
Le ministre des Relations Extérieures, au Citoyen Jenner.
J’ai reçu, Citoyen Commissaire, votre note du 22 de ce mois parlaquelle vous me faites part de ce qui vient de se passer à Berne.
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