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intéresses d’Abbeville, les toiles peintes de Rouen et les soieries de Lyon;il me parait que le Gfouvernement doit considérer l’ensemble de son Etatindustrieux. Les privilèges empêchent la concurrence et s’opposent auperfectionnement. Une manufacture trop privilégiée est comme une rucheà qui on a laissé tout son miel. Elle n’a plus que des mouches lourdeset paresseuses.
Jettez les yeux sur les Suisses, non sur quelques-uns d’entr’eux quifont la contrebande des marchandises anglaises, mais sur les véritablescommerçants du pays. Considérez quel commerce il font en France ; —cependant quelles gènes n’essuyent-ils pas? Quels impôts n’ont-ils pas àpayer? Obligés de chercher leurs matières à travers la France et à centlieues plus loin que nous, ils ont des transports et des droits à acquitteravant la confection ; et après, des frais bien plus considérables, lorsqu’ilsviennent vendre leurs marchandises à la porte même de nos manufactures.La qualité supérieure des objets qu’ils importent et la modicité du prixpeuvent seules donner la solution de ce fait qui semble un problème. Onse plaint à Rouen et à Mulhouse de l’entrée de leurs marchandises. Ce-pendant par tous ces avantages sur eux nos manufactures jouissent d’uneprime de 25 pour cent. N’est-il donc pas visiblement ridicule de vouloirforcer la nature des choses en faveur d’une industrie qui par ses plaintesmêmes se déclare en état de caducité? Monsieur de St. Léon, en ma-tières politiques les révolutions, en matière de commerce la concurrenceseule, peuvent produire de grands résultats.
Le Mre. de Rouen. 'En Suisse les bras sont bien moins chers etles ouvriers meilleurs. Ici la guerre a dépeuplé nos manufactures. Nousavons souffert de la Révolution bien plus que les Suisses et si on selaissait aller en leur faveur à des idées de licence, nous tomberions dansles langueurs qui ont suivi l’édit de 1783.
Talld.*) Je parle de l’industrie française et non de celle de la Suisse.Il est vrai que j’ai ouï dire qu’en Suisse le pain et le vin coûtent deuxfois plus qu’en France, et ces deux articles avec la viande qui est aumême prix chez vous, n’est-il pas vrai Jenner, que dans nos provinces,sont pourtant les bases sur quoi l’on doit calculer la main-d’œuvre; maisdans ce pays, on ne place pas au rouêt comme ici des hommes qui peu-vent travailler à la terre. Ce sont des enfants, des femmes que l’on yemploie, qui demandent de petites journées. Quant à moi tant qu’on neme démontrera pas que nos produits de manufacture sortent de France,
*) An dieser Stelle bekennt sieh Talleyrand gewissermassen zum Freihandel,das ganze Gespräch ist übrigens für die damaligen commerciellen Verhältnissezwischen der Schweiz und Frankreich von grossem Interesse.
(Anmerkung des Herausgebers.)