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Exposé du mouvement commercial entre la Suisse et l'Autriche pendant les années 1840 et 1845 / par le Dr. A. de Gonzenbach ; traduit de l'allemand par l'ordre du directoire
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Tl serait difficile dindiquer les motifs qui ont provoqué toutes ces supplantations. A Fribourgaussi, lon fabriquait anciennement beaucoup détoffes de laine , la manufacture de cet articleest tombée en décadence , ainsi quà Bâle et à Schaffhouse.

11 serait injuste, comme je lai déjà fait observer, de mettre tous ces faits à la charge de la

liberté du commerce. En revanche , il vaudrait bien la peine de peser sérieusement la question de

savoir si la Suisse ne devrait pas faire revivre cette branche dindustrie en frappant de droits élevésles fins draps qui sont importés de létranger. Cela pourrait se faire sans quil fût besoin détablirun système de douanes : car les draf»s étrangers seraient frappés dun droit dans la vente en dé-tail. Relativement à cette industrie, le rapport me paraît essentiellement différent de celui qui con-cerne lindustrie linière, parce que la Suisse débourse annuellement des sommes très grandes poursa propre consommation de tissus de laine, ce qui na pas lieu au même degré pour la toile.

Comme dun côté la Suisse possède tous les éléments pour lindustrie lainière , puisquelleproduit elle-même en partie la matière brute ou quelle peut sen approvisionner aussi facilementque les Etats dans lesquels elle achète des tissus de laine; comme elle a une grande aptitude àlindustrie, quelle a une population industrielle nombreuse et quelle possède des capitaux dontelle peut disposer ; comme dun autre côté il existe des craintes fondées que lindustrie cotonnière,pour autant que celle-ci ne soccupe que de la fabrication détoffes simples, nait à lutter contredes difficultés toujours croissantes, il est certain quon peut soulever à cet égard la question desavoir si lEtat ne devrait pas prendre des mesures pour faire refluer par des moyens artificiels

toutes les forces existantes sur une industrie qui trouverait un grand écoulement à lintérieur et

qui, par, mettrait en circulation dans le pays même des sommes considérables, payées actuellementchaque année à des Etats étrangers, qui nachètent point ou en faible quantité les produits de l'in-dustrie suisse.

Si la création dune ligne de douanes était nécessairement liée à la protection que lon doitdonner à la manufacture indigène de la laine , je me prononcerais dune manière absolue contreune protection de cette nature; car les désavantages moraux et économiques que cette ligne dedouanes ferait naître pour la Suisse, seraient incontestablement plus grands que les avantages quirésulteraient pour elle du développement de lindustrie lainière; la Suisse aurait en outre de la peineà supporter longtemps les tracasseries qui sont inséparables du système des douanes, tracasseriesqui sont dailleurs opposées à son esprit de liberté ; mais, comme je lai déjà insinué, on pourraitpeut-être atteindre le même but dune autre manière ( J ). (*)

(*) Tegoborsky , Aperçu du commerce autrichien, page 63, porte la valeur de lexportation annuelle, daprèsune moyenne quinquennale de 1837 à 1841,

Pour les étoffes de laine en Autriche dans lAssociation douan. en France

à florins 6,511,000 à florins 18,687,000 à florins 20,360,700.

La valeur de lexportation en plus dans la même période quinquennale est estimée :