184
sage de la laine était l’industrie la plus considérable à Zurich. Voici comment Sehinz s’exprime àce sujet :
« Les manufactures de laine étaient les plus en vogue et produisaient considérablement d’étoffes« minces et épaisses de draps de différentes espèces pour vêtements. »
En 1280 une rue tout entière, où il n’y avait que des tisserands en laine , devint la proie desflammes à Zurich. Dans ce temps-là, des étoffes de laine, emmenées de Zurich à la foire de Franc-fort, furent exportées à Vienne, en Hongrie et en Pologne.
Au quatorzième siècle, à l’époque de la constitution de Brunnen, les tisseran ds en laine consti-tuaient une corporation spéciale.
Ce serait une erreur que d’admettre que la manufacture de la laine a été spécialement pro-tégée par des droits d’entrée ; les droits principaux étaient alors des droits de transit — droitsd'escorte ; la plupart des villes et Zurich aussi percevaient à leurs portes une finance d’entréeet de sortie, qui était pour les marchandises indigènes la même que pour les marchandises étran-gères. Tandis que Zurich exportait au quatorzième siècle des étoffes de laine , on importait desdraps fins de Malin^s, de Louvain et de Bruxelles.
Au quinzième siècle l’industrie retomba essentiellement en décadence à Zurich ; il est vrai qu’onv fabriquait encore du drap gris , mais en 1437 la culture de la vigne fut déclarée unique industriepar les Conseils et les Bourgeois. — La lettre jurée de 1498 ne fait plus mention des marchands,et les deux abbayes des tisserands en fil et en laine furent alors fondues en une seule. Depuis lesguerres de Bourgogne on s’était appliqué davantage au métier des armes , jusqu’à ce que Zwinglis’éleva contre cette manie de courir le monde et remit en honneur l’agriculture et l’industrie.
Vers le milieu du seizième siècle, plusieurs familles distinguées, les Orelli, Muralto , etDunus, persécutées pour leurs croyances, émigrèrent de Locarno à Zurich et rendirent de nouveaul’industrie florissante, notamment aussi l’industrie lainière; ils établirent les foulons qui étaientinconnus jusqu’alors , et fabriquèrent des draps et des étoffes de laine.
Au dix-septième siècle l’industrie suisse , contrairement aux traités existants , fut frappée denouveaux droits en France par l’ordonnance de Colbert sur les péages, publiée en 1666, ce quisuscita un grand mécontentement et provoqua des délibérations infructueuses au sein de la Diète.
Par suite de la suppression de l’édit de Nantes, des protestants français se réfugièrent aussitôtà Zurich et y donnèrent une nouvelle vie à la manufacture de la laine ; c’est ainsi que les Reyet les Bourget de Nîmes établirent des métiers pour la bonnetterie , métiers qui occupèrent plu-sieurs bras.
Au commencement du dix-huitième siècle , la manufacture de la laine surpassait encore à Zurichtoutes les autres branches d’industrie.
En revanche elle a été entièrement supplantée par l’industrie cotonnière vers le commencementdu dix-neuvième siècle , de la même manière qu’elle avait supplanté précédemment en grande partiel’industrie linière.