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Exposé du mouvement commercial entre la Suisse et l'Autriche pendant les années 1840 et 1845 / par le Dr. A. de Gonzenbach ; traduit de l'allemand par l'ordre du directoire
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lainière, ce serait cependant une grande folie que de chercher à favoriser par dés droits produc-teurs la production du fer en Suisse.

En effet, la Suisse ne produit pas suffisamment de fer pour suffire à ses besoins intérieurs ;si lon établissait des droits protecteurs pour cette industrie, ce serait donc une charge onéreuseimposée à la nation en faveur de quelques propriétaires de mines et de hauts fournaux et on anéan-tirait artificiellement lexploitation de diverses autres industries qui ont besoin de se procurer du ferà bon marché.

Ces parallèles entre le sort qua éprouvé en Autriche lindustrie qui travaille le coton, la soie,le lin, la laine et celui que ces mêmes branches dindustrie ont éprouvé en Suisse, ont été poussésassez loin. En regard de lindustrie lainière, qui semble avoir prospéré sous lempire du systèmeprohibitif, je veux cependant faire mention en terminant dune autre industrie qui sest avantageu-sement développée en Suisse sous lempire du système de la liberté commerciale , tandis quellena pu en aucune manière prospérer en Autriche sous lempire du système prohibitif : cest lhor-logerie qui, daprès létendue et la valeur de ses produits et de leur exportation possible, prendtoujours un rang plus élevé dans le commerce dexportation de la Suisse p).

Sans vouloir entrer en général dans une discussion ultérieure sur les avantages et les désavan-tages de la liberté du commerce et du système des droits protecteurs, je prendrai la liberté deciter textuellement la réponse que Sir Robert Peel a adressé au célèbre économiste politique , Dr.List , lorsque celui-ci cherchait à amener entre lAngleterre et lAllemagne un arrangement basésur le système des droits protecteurs.

Cette réponse est ainsi conçue :

Sir î Je vous accuse réception de la lettre que vous mavez adressée ainsi que du mémorandum qui laccompagnait. Je vous remercie de cette communication que jai attentivement examinée. Les sentiments que le mémorandum expriment relativement à la politique et aux avantages réciproques dune union intime entre ce pays et lAllemagne, ont obtenu mon assentiment cordial, assentiment qui est aussi complet que vos vues sont divergentes des miennes en ce qui concerne la manière dont on pourrait amener le plus efficacement cette union intime.

Vous êtes davis que lAngleterre devrait consentir avec joie à ce que des droits élevés fussent main- tenus en Allemagne sur limportation des produits de lindustrie anglaise, parce que cette mesure donnerait des avantages à lAllemagne, y provoquerait la bienveillance à légard de lAngleterre et favoriserait la formation de relations amicales entre les deux pays.

Quant à moi, au contraire, je suis davis que lAllemagne aura de lavantage si elle laisse entrer les produits de lindustrie anglaise en échange de ses propres produits ; que la bienveillance qui nous serait re- (*)

(*) Cest à dessein quà la page 133 on a admis un chiffre très bas pour lexportation de lhorlogerie etde la bijouterie.