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Tome 4
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COMTE DE ST-POL.

167 LIVRE IL

Cette année ne fut pas des plus abondantes. La vente du vin se 1671fit à Neuchâtel 72 livres le muid, et l’abri du grain se fit, le fro- A “ née P eument a six batz deux gros l’émine, l’orge onze gros et l’avoine Vente du vinsept gros. et abri -

1672

M. l’abbé d’Orléans étant depuis environ deux ans tombé dans la L’abbé d’Or-démence, et les parents voyant qu’il n’y avait aucune espérance de le dêmence. laretour, crurent qu’il fallait pourvoir à l’administration de sa personneet de ses biens. C’est pourquoi M. le prince de Coudé, Madame laprincesse de Conti, M. le duc d’Enghien et M. le duc d’Orléans don-nèrent là-dessus leur avis en date du 25 janvier 1672, reçu parLange et Routier, notaires au Châtelet de Paris, contenant que lesieur abbé d’Orléans devait être et demeurer interdit de l’adminis- Ses parents de-tration de ses biens, et la duchesse de Longueville, sa mere, lui terdiction.être ordonnée pour curatrice à sa personne et à ses biens, laquellepourvoirait aux offices et bénéfices dépendants des terres à lui ap-partenantes. La dite dame de Longueville insta pour corroborer ceque dessus auprès du conseil du roi, afin que cela fût autorisé.

Sur quoi le roi, par arrêt de son conseil du 14 mars, ordonna queles parents de M. l’abbé d’Orléans s’assembleraient par devant lessieurs d’Aligre, de Sève et Hotman pour être ^consultés sur cetteaffaire. En conséquence de cet arrêt, les princes de Condé, ducd’Enghien, prince de Turenne, Bailliavi, résident du duc de Mantoue,de Levi, de Vantadour, de Soubise, de Rohan, prince de Tarente,duc de Retz, et comte de Soissons s’étant assemblés par devantles commissaires ci-dessus nommés, confirmèrent l’avis qu’avaientdonné les princes le 25 janvier.

Cette affaire ayant de nouveau été portée par devant le conseil Arrêt du conseildu roi, il fut ordonné, par arrêt du 1 er avril, que le sieur Tubeuf, prononce 1 *maître des requêtes, se transporterait dans l’abbaye de Chesal Benoiten Berry, où était l’abbé d’Orléans, pour examiner son état. Cequ’ayant fait, il le trouva véritablement dans la démence, ainsi quel’attestèrent aussi les religieux et ses officiers et domestiques. C’estce dont il fit son rapport par devant le conseil du roi, qui, pararrêt du 20 avril, signé Colbert, ratifia encore l’avis qu’avaientdonné les princes le 25 janvier: tellement que l’abbé d’Orléans fut Madame de

1 " ' 1 Longueville est

par ce moyen interdit, et Madame de Longueville, sa mère, établie tutrice et cura-

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sa tutrice et curatrice. d’Orléans.

Le 17 avril, il y eut dans la ville de Neuchâtel une grande dif- Difficulté de laficulté au sujet du sel: la seigneurie voulait en faire un droit derégale et empêcher les bourgeois d’en vendre. Ces derniers ne vou- de Neuchâtellant pas se laisser priver d’un droit dont ils étaient en possession, régai^duseLet craignant que si personne hormis le prince ne pouvait vendrele sel, il ne fût enfin mis à un prix arbitraire et excessif, s’assem-