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Tome 4
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LIVRE II.

1673

Mad. de Ne-mours demandelogement auchâteau.

Le conseil deville s’abstientde répondre àsa lettre.

Son arrivée àMorat.

Seconde lettrede Mad. deNemours auconseil de villede Neuchâtel.

Lettre de Mad.de Nemours àLL. EE. deBerne.

192 CHAPITRE XII. — DE L’iNTERRÈGNE DE 1672

ma bienveillance et que j’aurai un particulier souvenir des preuves de fidélitéque vous me rendrez dans cette occasion.

Priant Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

Votre bonne amie

A Liex, ce 20/30 avril 1673. Marie d’Orléans.

A nos chers et amés les Quatre-Ministravx, Conseil et Quarante Hommes dela Ville de Neufchâtel.

Le gentilhomme de Madame de Nemours, porteur de cette lettre,avait ordre de demander au gouverneur un logement pour elle auchâteau et passage dans la ville, pour y poursuivre ses affaires,conformément au passeport que le roi lui avait donné. Mais le gou-verneur d’Affry refusa sa demande, et le conseil de ville lui déclaraaussi qu’il n’avait point de réponse à lui donner. Ce gentilhommeétait arrivé à Neuchâtel le 22 avril style ancien.

Madame de Nemours arriva le 23 à Morat, où le dit gentilhommel’alla voir et d’où la princesse le renvoya avec une seconde lettreau conseil de ville, qui ayant refusé de faire réponse, avait indignéla princesse. Voici cette seconde lettre :

Chers et amés,

J’ai appris avec étonnement le peu de respect que le conseil a témoigné pourmoi, en la manière dont il a vu mes lettres, et je suis surprise aussi que l’onallègue l’intérêt de Monsieur mon frère pour l’opposer à mes prétentions, moide qui la tendresse pour lui a paru à toute la terre, et qui ai été la seule detous ses parents à s’opposer qu’on voulût le dépouiller, et qui n’ai de préten-tions que pour être plus autorisée à le mieux servir. Ne pouvant avoir d’autresintérêts que les siens, ni de maison à enrichir de ses dépouilles, je voudraisqu’il fût en état de profiter de mon extrême amitié et des bonnes intentionsque j’ai pour lui; je sacrifierais tout ce que je puis avoir au monde pour sesmoindres avantages. Je vous prie d’en être assurés, et que je ne commencepoint à avoir de la tendresse pour lui, comme beaucoup d’autres, lors seule-ment que j’y trouve mes intérêts, que c’est pour les siens et pour ceux de laComté que j’ai pris la fatigue d’un si long voyage, pour empêcher que l’on nela fit passer en mains étrangères et faire cesser les mauvais traitements qu’ellea soufferts depuis la mort de Monsieur mon père, et la traiter aussi doucementqu’elle l’a été par tous ceux de ma maison, conserver et augmenter leurs pri-vilèges ; à ce quoi je suis principalement obligée par l’affection que la bour-geoisie m’a témoignée.

Priant Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

Votre bonne amie

A Morat, le — y a - r ^ - 1673. Marie d’Orléans.

4 mai

Le lendemain de cette lettre, Madame de Nemours écrivit à LL.EE. de Berne, en ces termes :

Magnifiques et puissans seigneurs,

Ayant jugé que mon affaire concernant Neufchâtel demandait ma présence, etm’y étant acheminée, je suis arrivée en ce lieu, où les fatigues du chemin m’ontobligée de faire séjour. Les motifs qui m’ont portée à ce voyage sont connus àVV. EE., et je suis persuadée qu’Elles ne doutent pas de la justice de mesprétentions; mais parce que j’ai su que ceux du parti contraire tâchant de se