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Bâle, Constance, St-Gall, Bienne et Mulhouse formèrent une« combourgeoisie chrétienne ». C’était presque une déclarationde guerre et les hostilités ne tardèrent pas à s’ouvrir. Le con-flit éclata quand les Schwyzois eurent arrêté et fait périrsur le bûcher le pasteur zurichois Jacques Kaiser (Mai 1529).Zurich déclara la guerre aux cinq cantons, le 8 Juin, etdemanda des secours aux Bernois, qui se mirent en cam-pagne sous la conduite de Sébastien de Diesbach. Les ar-mées étaient en présence, près de Cappel — les avants-postes se touchaient, mais ils se traitaient si peu en enne-mis qu’ils avaient mangé ensemble leur soupe au lait ; —on parvint encore à faire la paix. La liberté de conscienceétait garantie, l’alliance avec Ferdinand dénoncée, et, dansles baillages communs, la confession devait être fixée parun vote de majorité.
La paix dura peu. De nouvelles difficultés s’élevèrent;les Zurichois restreignirent leur importation dans les petitscantons oh la vie renchérit et déclarèrent qu’ils persiste-raient aussi longtemps que ces cantons ne proclame-raient pas la liberté du culte dans leurs territoires. Onn’était pas non plus d’accord au sujet de l’affaire de JeanJacques de Médicis, châtelain de Musso, près du lac deCôme, qui avait pénétré dans les Grisons. Ceux-ci appelèrentles Suisses à leur aide, mais les cinq cantons ne paru-rent point; les autres — les Bernois commandés par JeanFrançois Nageli —, repoussèrent le sire de Musso (1531).
En Octobre 1531, la guerre civile s’alluma de nouveauentre les Confédérés. Berne hésitait, mais Zurich, pousséepar Zwingli, ne voulait plus entendre parler de médiation.Un faible détachement de troupes zurichoises, campé prèsde Cappel, fut surpris et décimé par les catholiques le11 Octobre, et lorsque Zwingli arriva en hâte et sans ordreavec des renforts, ses adversaires surent l’attaquer au mo-