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du Léman, mais la ville de Genève leur avait teuu tête.Il est vrai que, menacée de tous côtés, elle paraissait con-damnée à faire le sacrifice de son indépendance. Les Con-fédérés, appelés à son aide, ne l’abandonnèrent point. Elleconclut des traités de combourgeoisie avec Berne et Fri-bourg en 1526, et. quatre ans plus tard, les deux villesentrèrent en campagne avec des forces si considérables quele duc fut obligé de traiter en cédant le Pays de Vaud àtitre de gage aux Bernois et aux Fribourgeois ; il devaitmême, d’après les clauses de la convention, perdre cettecontrée s’il rompait la paix.
Peu de temps après, la Béformation pénétra à Genève,non sans peine (1535). Genève, plus menacée encore par laSavoie, délaissée par Fribourg qui était demeurée catho-lique, s’adressa de nouveau à ses combourgeois de Berne.La situation s’était compliquée. Soutenir Genève, ville ré-formée, c’était déchaîner une guerre de religion. On refusade la secourir, mais comme compensation, l’autorisa à fairedes enrôlements. 500 volontaires de Bienne et de Neuchâtel,conduits par le capitaine biennois Jacques Wildermuth,se mirent en devoir de prêter assistance à Genève. Ilsfurent attirés dans une embuscade à Gingins, près de Nyon,et cernés par 1500 Savoyards :
Comme on passait par un défilé,
La mitraille commença à tomber dru.
On était là, un contre sept,
Et on était mal armé.
On dit : Dieu sera avec nous !
Chacun voulait être au premier rang. . .
La vaillante petite troupe eut la victoire. Néanmoinselle dut bientôt se tenir pour fort heureuse de ce que legouvernement réussît à la faire revenir sur ses pas sans