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basse juridiction sur ses territoires. La contrée fut diviséeen baillages, avec des baillis à leur tête : Yverdon, Moudon,Yevey, Lausanne, Thonon et Gex, puis, à partir de 1539,Morges et Ripaille. Le contrôle général était attribué à un« trésorier des pays romands », dignité que remplit en pre-mière ligne Michel Augspurger. Berne eut le mérite d’ou-vrir des écoles et de fonder l’Académie de Lausanne. Il estprobable que c’est alors qu’on s’empara des tapis de la ca-thédrale de Lausanne, qui sont un des plus beaux ornementsdu Musée historique de Berne et qu’on tenait jusqu’à cesderniers temps pour du butin pris aux Bourguignons. Lepupitre orné d’un aigle , qui se trouve aujourd’hui dans lechœur de la cathédrale, vient également de Lausanne.
Toujours est-il que le nouveau domaine n’était pas trèssûr ; il était exposé aux réclamations du roi de France etde l’Empereur. Le duc de Savoie, réconcilié avec la France,sollicitait aussi la restitution du Pays de Yaud, et les autrescantons, inquiets de la suprématie de Berne, se prononcè-rent en faveur de cette restitution. Les Bernois ne l’en-tendirent naturellement pas de cette oreille. Enfin, la paixde Lausanne (1564) confirma les droits de Berne sur Yaud:le Chablais, le Genevois et le pays de Gex furent rendusau duc ; Berne dut cependant se charger de la grosse dettepesant sur le Pays de Yaud. On ratifia le partage des ter-ritoires consommé entre Berne et Fribourg. La restitutionpartielle des conquêtes bernoises eut lieu en 1567, et pro-voqua bien des regrets. Que ne les a-t-on conservées, ellesne nous gêneraient pas !
Une bonne fortune nouvelle attendait encore les Bernoisdans la Suisse occidentale. Le comte Michel de Gruyère, ledernier de sa race, était fortement endetté. Berne et Fri-bourg résolurent d’agir de concert en prévision d’une catas-