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obtenu, sans l’appui de la France, la liberté complète dela Suisse et son indépendance de l’Empire, qui furent pournous le résultat de la paix de ’YVestphalie (1648).
II. La guerre des paysans.
La guerre de trente ans devait avoir cependant debien tristes conséquences pour la Suisse. Tandis qu’au con-traire de l’Allemagne, où tout était saccagé, le bien-êtrepublic n’avait pas souffert, le prix des vivres et lavaleur des biens-fonds avaient augmenté dans des pro-portions exorbitantes, pour retomber bientôt si bas qu’enbien des endroits régna une profonde misère. Si le mécon-tement était déjà grand, on résolut de braver ouvertementle pouvoir lorsque fut décrété un nouvel impôt direct de1 %o sur tous les biens (1641). Le gouvernement en avaitbesoin pour payer les frais de l’occupation des frontières.C’est surtout dans l’Emmenthal et dans le baillage deThoune que l’exaspération du peuple se donna libre carrière.Le bailli de Thoune, Nicolas Bachmann, avait fait incar-cérer un des mécontents. Des centaines d’émeutiers se ras-semblèrent et ne furent apaisés que lorsque le prisonnier,qui avait réussi à s’échapper, fut retourné parmi eux. Dansl’Emmenthal, l’excitation était à son comble. Non seulementon refusa d’acquitter l’impôt, mais on s’allia aux gens del’Entlebuch qui étaient en passe de se révolter. Le gouver-nement résolut de convoquer une assemblée des paysans àThoune ; l’avoyer Nicolas Dachselhofer et des médiateursvenus d’autres cantons réussirent à les calmer.
Cette trêve dura peu. A la situation précaire des con-trées agricoles s’ajoutèrent des décisions malencontreuses dugouvernement : l’abaissement trop rapide de la valeur de lapetite monnaie, des droits d’exportation décrétés sur les