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chevaux et le bétail à cornes (Trattengeld ), la regale dusel et de la poudre. Certains baillis qui gouvernaientselon leur bon plaisir avaient également provoqué del’irritation.
Ce furent des raisons de ce genre qui amenèrent lesoulèvement des gens de l’Entlebuch pendant l’hiver de 1652à 1653; les paysans bernois ne devaient pas rester enarrière. L’assemblée de Wohlhusen et l’échec du coup demain dirigé contre Lucerne engagèrent le gouvernement ber-nois à se tenir sur ses gardes. Des garnisons furent en-voyées à Wimmis, Thoune et Berthoud. La Diète, égalementdécidée à des mesures énergiques, fut mécontente de voir queLucerne pactisait avec ses sujets. Mais les paysans s’armaientde leur côté et le nombre de leurs adhérents augmentaitsans cesse. Une délégation du Conseil de Berne n’eut aucunsuccès à leur grande réunion de Langnau, en Mars 1653.Les « doux », partisans du gouvernement, furent exposésaux brutalités des « durs ». Le 24 Mars, les paysans se ré-unissaient de nouveau à Trachselwald ; on remarquait dansl’assistance Nicolas Leuenberger de Schonholz près de Rü-derswyl, qui s’opposa à tout essai de conciliation. C’estalors qu’arrivèrent à Berne des envoyés de Zurich (le bour-guemestre Jean-Henri Waser) et des autres cantons réfor-més ; ils parvinrent à ramener les Emmenthalois et lesgens de la Haute-Argovie à l’obéissance, après que le gou-vernement eut satisfait aux demandes de ceux-là et accordél’amnistie à ceux-ci. *■
Mais on ne se lassait pas dans l’Entlebuch d’exciterles populations agricoles, en faisant miroiter devant leursyeux le plan d’un puissante Ligue populaire. Les paysansde Soleure et de Bâle étaient d’accord. Tous les révoltésconvoquèrent une assemblée à Soumiswald pour le 23 Avril.Un millier d’hommes environ s’y rendirent pour entendre
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