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taires de la couronne les conduisirent à Notre-Dame. Leroi avait à sa droite les princes et maréchaux ainsi que lehaut clergé ; les Suisses se placèrent à sa gauche. La céré-monie fut ouverte par un culte auquel les réformés n’as-sistèrent pas, tant que dura le service de la messe. L’am-bassadeur de la Barde prit ensuite la parole à la louangede la Confédération ; le bourguemestre Waser parla aprèslui et le roi lui répondit. Puis, un cardinal présenta lesEvangiles sur lesquels chacun des envoyés, et le roi endernière ligne, posa la main en signe de serment. La so-lennité s’acheva sur un Te Deum. Un banquet eut encorelieu dans le palais de l’archevêque ; la cour y parut versla fin et le roi but à la santé de ses alliés. Les déléguéssuisses, chargés de présents, repartirent deux jours après.
Quelques années à peine s’étaient passées; Louis NIVentreprit ses guerres de conquête. La Suisse ne pouvaitrester indifférente à l’entrée de Condé dans la Franche-Comté. Le roi dut sans doute rétrocéder ce pays à l’Es-pagne, aux termes de la paix d’Aix-La-Chapelle (IG68),mais il n’y renonça pas pour toujours. Les Suisses ne luirestèrent pas moins attachés, quoique ses intentions envers euxne fussent pas précisément bienveillantes, et ils se refusèrentà faire partie de la triple alliance de la Suède, de la Hollandeet de l’Angleterre contre la France. Mais lorsque les arméesde Louis XIY pénétrèrent en Hollande, terre protestante,Berne nuiqe voulait pas combattre contre ses coreligion-naires, se mit en devoir de rappeler le régiment d’Erlach ; ellene se tranquillisa qu’après qu’on l’eût renvoyé dans les Flandres.En vertu de la paix de Nimvëgue (1678), la Franche-Comtédemeura au roi de France qui l’avait lui-même conquise.
Dans toutes ses batailles futures, nous retrouverons desrégiments suisses qui maintinrent les antiques et glorieusestraditions militaires des Confédérés.