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On voyageait aux frais du roi, depuis la frontière. Ilsrencontrèrent les autres délégués à Charenton et arrivèrentdans la capitale le 9 Novembre. Lors de leur entrée enville, ils furent précédés par des gentilshommes de la courqui étaient venus à leur rencontre; marchaient ensuite lebourguemestre Waser de Zurich, près de lui de la Barde,puis les autres, d’après le rang des cantons, chacun ayantun gentilhomme français à ses côtés. Grand gala à Vin-cennes, oîi l’on but en l’honneur du roi, de sa famille, desEtats confédérés. Le gouverneur de Paris et toute une suiteles rejoignit bientôt pour les saluer et, derrière lui, le pré-vôt des marchands avec les échevins. Au son du canon, aumilieu d’une foule immense, on arriva assez tard, à la clartédes réverbères, dans la partie de la ville où étaient pré-parés les quartiers de la délégation suisse. Les Bernoisfurent logés dans le faubourg St-Germain.
Les jours suivants s’écoulèrent, moins consacrés auxaffaires qu’à des réjouissances de toute sorte. Les déléguésfurent conduits au Louvre, dans des voitures du roi, lesoir du 11 Novembre. Le duc d’Enghien les introduisit dansla salle des audiences, où Louis XIV, entouré de princesdu sang, les salua en se découvrant. Il tendit la main àchacun des députés et répondit au bourguemestre Waser, quiparla en leur nom. Ils furent ensuite présentés à la reine,à la reine-mère, et rendirent leurs devoirs au petit dau-phin. Les banquets se succédèrent, et les invitations, chezle duc d’Orléans, le grand Condé, les ministres Louvois etColbert, le maréchal de Turenne. Un autre grand seigneur,le maréchal de Grammont, leur donna une représentation decomédie, avec Molière.
L’alliance devait être solennellement conclue le 18 No-vembre. Des voitures du roi amenèrent les délégués dansle palais de l’archevêque, d’où Condé et les plus hauts digni-