159
Bernois et de Zurichois servait déjà les Hollandais en 1676;les capitaines Jean-Rodolphe d’Erlach et Samuel Morlotleur amenèrent des compagnies de volontaires en 1692; lescolonels Nicolas Tscharner et Albert de Mulinen, et, plustard, Guillaume de Murait, formèrent trois régiments. En1700, on approuva une capitulation militaire, d’après la-quelle le régiment hollandais ne pouvait avoir que des of-ficiers bernois. Mais le service français fut toujours plusrecherché que l’autre : n’estime-t-on pas à 30,000 le chiffredes Suisses qui étaient sous les drapeaux de la France en1690 ?
VI. Affaires intérieures.
La Suisse n’offrait pas un spectacle très édifiant audix-septième siècle. Les influences étrangères, les compli-cations à l’intérieur étaient telles que le lien confédéral enfut souvent ébranlé.
La guerre, qui avait sévi pendant tout le sièclé dansles pays voisins, n’avait pas réussi à faire que les Suissesne restassent pas en arrière dans les choses du servicemilitaire. On peut dire à la louange de Berne que la bonnevolonté ne lui manqua point. Les réformes nécessairesn’étaient pas condamnées d’avance ; le conseil de guerre,composé de l’avoyer en charge, de deux bannerets, de cinqmembres du Petit et six membres du Grand Conseil, avaitde la besogne en suffisance. Une nouvelle organisation futadoptée, sur le modèle d’autres nations, les troupes diviséesen régiments, ceux-ci en compagnies. Il y avait six régi-ments : chacun un pour la ville, la Haute-Argovie, la Basse-Argovie, l’Oberland, et deux pour les territoires de languefrançaise. Suivant l’estimation de Ludlow, il y avait dansl’arsenal de quoi armer plus de 20,000 hommes..