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Bien plus, Berne songeait à créer une armée fédérale.Le banneret Jean - Rodolphe Wurstemberger soumit sesprojets dans ce sens aux Conseils, qui les approuvèrent ; ilreçut, avec son collègue Samuel Frisching, l’ordre de nantirla Diète de Baden (Septembre 1608) de son plan de ré-formes. Les autres cantons se montraient bien disposés ; ilscomprenaient que des améliorations étaient urgentes. En1068, on arrêta les termes d’une convention militaire (<lasDefensionale), « afin de protéger la patrie dans le péril, d’ymaintenir la paix, la sécurité, le bien-être et de garantir sesbelles libertés si chèrement payées. » Trois levées d’hommesfurent faites, dont la première, forte de 13,400 hommesavec 15 canons, était divisée en deux corps, l’un qui seraitcommandé par un Lucernois ou un Zurichois, l’autre parun Bernois ou par un Uranais. Le conseil de guerre fédéralcomptait un officier et un délégué de chacun des cantons.Tous les cantons versaient au trésor de guerre autant dedemi-écus qu’ils fournissaient de soldats. On avait ajoutéà, la convention une clause d’après laquelle on s’obligeait àse secourir les uns les autres. Cette initiative aurait puproduire de bons fruits. Malheureusement, on s’arrêta enchemin.
Il eût été indispensable de se préserver du côté del’Ouest. Mais on eut une peine inouïe à faire entrer le Paysde Yaud dans le lien fédéral, parce que les états catholi-ques envisageaient toujours leur ami, le duc de Savoie,comme le véritable possesseur de cette contrée. Ils ne vou-lurent pas consentir à l’admission de Genève dans la Con-fédération, bien que cette ville le désirât, que Berne etZurich l’eussent recommandée. Ils reconnurent enfin, en1690, le Pays de Yaud comme territoire fédéral; le noncedu pape et le duc de Savoie les détournèrent de concessionsplus étendues.