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On conçoit que, la désunion étant telle, les diètes oùtous les cantons étaient représentés soient devenues rares.On ne se rassemblait guère, toutes les années à Baden, quepour la passation des comptes annuels. Et n’était-il pashumiliant de voir que l’ambassadeur de France avait ledroit de convoquer des diètes et de n’y laisser discuter quece qui lui convenait ?
On savait aussi qu’à Berne il y avait bien des critiquesà formuler. Toujours est-il que le gouvernement s’appliquaità mettre de l’ordre en toutes choses. Ainsi, en 1612, denombreuses plaintes s’étant élevées contre l’administration,un « Conseil de réformes » fut institué, qui recevait des rap-ports de toutes les Communes. Les abus étaient réprimésavec vigueur; un bailli, convaincu d’extorsion, fut condamnéà mort, un autre banni et frappé d’une grosse amende, untroisième mis aux fers puis expulsé.
Quelques dizaines d’années s’écoulèrent et ces salutairesexemples furent oubliés. Le procès du.trésorier Frischherzn’en provoqua que plus de scandale en 1639. Jean Frischherz,fonctionnaire d’ailleurs capable et méritant, s’était renducoupable de malversations. Au lieu d’utiliser le délai qu’onlui avait fixé pour se justifier, il brava l’autorité et s’enfuitde la ville. B fut arrêté. Certains des papiers saisis chezlui contenaient de telles calomnies à l’adresse du gouver-nement, qu’ils contribuèrent à l’aggravation de sa peine. 11fut décapité le 3 Mars 1640. Plus d’une fois, dans la suite,de mauvais fonctionnaires, comme le bailli Samuel Tribolet,reçurent le juste châtiment de leurs fautes. Le gouverne-ment eut raison de prouver ainsi qu’il entendait remplirconsciencieusement son devoir. Mais la situation troublée etl’influence française n’eurent pas seulement leur contre-coupsur les affaires politiques. Tandis que la misère augmentaitdans les campagnes, des gens de la ville vivaient dans le
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