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Histoire de Berne 1191 à 1891 : écrite en commémoration du sept centième anniversaire de la fondation de la ville de Berne / par W. Frédéric de Mulinen ; [traduit de l'allemand par Virgile Rossel]
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pas moins Neuchâtel . Au décès de cette dernière, en 1707,le sort de cette charmante contrée était bien indécis. Lesprétendants les plus divers s’annoncèrent, invoquant leurparenté avec les précédents maîtres : le prince de Conti, laduchesse de Lesdiguières, le comte de Matignon, le princede Carignan, le duc de Nassau , le duc de Wurtemberg-Mümpelgard et le roi de Prusse .

La décision était remise entre les mains des trois Etatsde Neuchâtel , qui vivaient en excellents termes avec lesBernois auxquels ils étaient liés par un traité de combour-geoisie. Berne déclara bien ne pas vouloir se mêler àl’affaire, mais son influence était assez grande pour fairecraindre les conséquences de son opposition aux ambitionsfrançaises. En réalité, si Neuchâtel était dévolu à l’un desprétendants français , c’était tout comme si le comté appar-tenait à la France. A Berne , on penchait plutôt en faveurdu roi de Prusse , qui avait le mérite d’être très éloigné etc’est lui aussi qu'appelèrent les trois Etats neuchâtelois .

Berne ne manqua pas de féliciter le roi. La France ,qui n’était pas contente, s’empressa d’ordonner une sorte deblocus commercial. Comme on pouvait redouter d’autresmesures de sa part, on dirigea sur Neuchâtel quelques trou-pes dont le chiffre fut, lorsque les nouvelles devinrentmenaçantes, porté à 4000 hommes. Tout l’hiver, la frontièrefut occupée des deux côtés, jusqu’à ce que la France , quiavait assez à faire chez elle, reconnut, au printemps»de 1708,la neutralité de Neuchâtel. La paix d’Utrecht (1713) confirmales droits de la Prusse sur le comté.

Ces événements scellèrent entre Berne et la Prusse lesbons rapports qui avaient commencé quelques années au-paravant par la. création d’un corps de garde du prince.C’est sans doute à raison des affaires neuchâteloises quel’habile avoyer Jean-Rodolphe de Sinner fut créé baron (1706)