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tricien de 18 ans, Jean-Rodolphe Sinner de Ballaigues, quise distingua plus tard dans les lettres. Emmanuel Fueter,un bon soldat, avait servi pendant longtemps à l’étrangeroù il s’était rendu impossible par son indiscipline ; il étaitparvenu à se faire nommer lieutenant de la garde de laville. Le négociant Wernier était un assez piteux personnage.
A ces trois hommes se joignirent de nombreux artisans,qui n’étaient pas satisfaits des facilités apportées à l’exer-cice des métiers au détriment des maîtres indigènes. MicheliDu Crest, ce Genevois toujours brouillon, ne pouvait ne pasêtre de l’alfaire. La conjuration grandit, si bien qu’en Juin1749 on tint des réunions où Henzi parla de rétablir parla violence l’ancien ordre de choses. Des projets sanguinairesétaient formés. Henzi et Rodolphe Wyss, un « greffier dechambre » (Stubenschreiber), devaient diriger l’insurrection ;on incarcérerait, s’il le fallait, on ferait sauter les membresdu gouvernement, et on installerait un gouvernement nou-veau. On attendait des campagnes qu’elles ne bougeraientpas et on leur promettait d’augmenter leurs franchises;mais Henzi et ses complices étaient loin d’y avoir autantd’adhérents qu’ils se l’imaginaient.
Le jour de l’exécution du complot n’était pas encorefixé, lorsque les conjurés furent trahis. Un candidat enthéologie, Frédéric Ulrich, les dénonça, dans la soirée du2 Juillet, au conseiller Jean-Antoine Tillier. Ce derniercommuniqua à son collègue Daniel Tschiffeli l’avis qu’ilavait reçu ; ils parcoururent la ville, en compagnie de quel-ques autres personnes, mais sans rien remarquer de sus-pect. Le lendemain, ils informèrent le Conseil secret dece qu’ils savaient ; on procéda de façon à ne pas éveillerl’attention. Des membres du Conseil devaient faire eux-mêmes les arrestations nécessaires. Ils pénétrèrent, le 4Juillet, dans les demeures des conjurés. Henzi s’était rendu