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à Berthoud le matin même, mais le lieutenant Fueter futsaisi et mis en lieu sûr, ainsi que Wernier et quelquesautres. Quant à Henzi, il fut arrêté à son retour par l’avoyerde Berthoud, Frédéric Bondeli et par Jean-Rodolphe deWerdt; il réussit à s’échapper, mais on finit par s’emparerde nouveau de lui.
Toute la ville était dans l’agitation. Des gardes bour-geoises furent mises sur pied, des milices convoquées. Plusde trente bourgeois furent incarcérés et on en consigna àpeu près autant dans leurs domiciles. Le reste était affairede l’instruction. Fueter avoua tout. Le jugement contre lestrois instigateurs de la révolte devait être prononcé le16 Juillet. Leur défenseur était l’historien Alexandre deWattenwyl de Landshut qui, une condamnation à mortétant inévitable, se contenta de solliciter que l’exécution dela peine fût aussi peu cruelle que possible. On les condamnaà être décapités. Un jeune théologien, Bernhard, chargé deles préparer à leur sort, fut tellement ému qu’il se trouvaincapable d’articuler une parole dans la prison ; alors Henziremplit son office, et pria à haute voix. L’exécution eutlieu le 17 Juillet. Les autres accusés encoururent les peinesdu bannissement ou de l’emprisonnement. On ne confisquapas les biens des condamnés ; le gouvernement se chargeade payer les frais. Une riche récompense attendait le dé-nonciateur Frédéric Ulrich : il refusa d’être nommé au GrandConseil, mais il accepta un présent de 50,000 livres et d’im-portants bénéfices.
Afin de se préserver contre de semblables entreprises,le gouvernement transporta la garde de la ville au milieude la cité et la réorganisa ; elle fut désormais composéede trois compagnies de 120 hommes et commandée par unStadtmajor.
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