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d’approuver ou de rejeter les lois du Conseil et de nommerquelques fonctionnaires. Mais Micheli du Crest fut arrêté.
L’animosité augmenta de nouveau avec le temps ; leparti populaire réclama une représentation suffisante et pluséquitable dans les Conseils (d’où le nom de représentants).Le Conseil prétendait avoir le droit de repousser ces exngences (ses partisans furent dès lors appelés les négatifs) ;il se vit bientôt en tel danger qu’il recourut en 1766 à laprotection des médiateurs. Berne délégua le trésorier despays romands, Béat-Louis Ougspurger, et le conseiller Fré-déric Sinner, Zurich Henri Escher et Jean-Conrad Heid-egger ; l’ambassadeur de Beautteville parla au nom de laFrance. L’intervention des Puissances garantes n’aboutitpas aussi rapidement qu’en 1738. Leur projet de médiationne fut pas agréé. Mais les Genevois s’empressèrent, dèsqu’elles eurent pris une attitude menaçante, de se récon-cilier pour éviter une occupation militaire. Le calme nedura pas longtemps.
Les «représentants», dont le mécontentement n’avaitpas désarmé, organisèrent une émeute et installèrent en1782 un nouveau gouvernement. Les Garants durent s’inter-poser encore. Berne ne reconnut pas le nouveau gouverne-ment et fit entendre qu’elle recourrait à la force. Nicolas-Frédéric de Steiger, le futur avoyer, et l’ancien trésorierdes pays allemands, David-Salomon de Wattenwyl, arri-vèrent à Genève comme pacificateurs. La France, soutenuepar le roi de Sardaigne, agit avec plus de décision ; elleoccupa les environs de Genève avec 9000 hommes et com-mença le siège de la ville, où régnait la plus grande con-fusion. Les chefs de l’émeute se voyaient en butte à toutesles haines; plusieurs d’entre eux quittèrent Genève, oùBernois, Savoyards et Français entrèrent le 2 Juillet 1782.L’ancien ordre de choses fut rétabli.