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sept autres cantons de la première Confédération, la Thur-govie, Sargans et le Rheinthal, enfin avec les douze autrescantons de la seconde Confédération, Lugano, Locarno, Men-drisio et Vallemaggia.
Les 52 baillages bernois étaient divisés en quatre classes,selon l’importance de leurs revenus. Les plus riches étaientKonigsfelden, Lausanne, Romainmotier, Lenzbourg, Thor-berg, Wangen; les plus modestes, Frutigen, Oberhofen, Un-terseen, Zweisimmen. Les nominations des baillis avaientlieu par voie de tirage au sort, tandis qu’autrefois elles sefaisaient au scrutin ouvert. On pensait, de cette manière,procéder plus équitablement et éviter des abus. Le tirageau sort existait aussi pour les élections des Conseils ; maisl’avoyer, les bannerets, les membres du Petit Conseil avaientle droit de recommander pour le Grand Conseil une candi-dature qui l’emportait toujours. La faveur de ces magistratsétait très appréciée et leurs filles étaient particulièremefitrecherchées, car un siège de grand conseiller faisait partiede leur dot.
Les traitements des magistrats bernois n’étaient pastrès élevés ; l’avoyer, par exemple, recevait 3700 francs, lesbannerets 3500, un membre du Petit Conseil 1200, en argentet en nature, et un membre du Grand Conseil quatre bois-seaux d’épeautre. Une sévère économie, une administrationconsciencieuse, des finances bien gérées, des autorités in-tègres, une grande bienfaisance, voilà ce qui avait constituéle bon renom du gouvernement bernois et lui avait attiré deslouanges comme celles, bien connues, de Frédéric le Grand.
Dans les familles qui tenaient les rênes du gouverne-ment régnait à l’endroit des choses du pouvoir une suscep-tibilité, qui provenait d’un sentiment de jalousie. Les pen-sions, les titres de noblesse décernés par des princes étran-gers étaient fort mal vus; on décida, en 1783, afin que toutes