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ment étaient soumises à l’arbitrage des treize cantons. Cesouvertures furent repoussées. Le lendemain, les Bernois sor-tirent de la ville, cernèrent les émeutiers et leur firentposer les armes. L’émeute était réprimée. Cheneaux eut unetriste fin : il fut assassiné par deux de ses affidés ; puis,pour inspirer une salutaire terreur, son corps, livré aubourreau, fut écartelé et sa tête plantée sur la tour de laporte de Romont.
Le gouvernement fribourgeois, sur les conseils éner-giques des représentants de Berne, Soleure et Lucerne, pro-clama l’amnistie et concéda au peuple la faculté d’exposerses griefs, — quitte à n’en presque jamais tenir compte.C’est l’année suivante seulement, de nouveaux troubles ayantéclaté, qu’il fit quelques concessions.
VI. Affaires intérieures.
Ce n’est qu’au dix-huitième siècle que Berne entra enpossession du village voisin de Kônitz, dont elle avait dé-pendu autrefois en matière ecclésiastique. La ville avaitbien, après la Réformation, sécularisé Kônitz et Soumiswaldqui appartenaient à l’Ordre teutonique, mais elle avait dûles restituer ; elle ne les acheta que longtemps après et lesérigea en baillages, Sumiswald en 1701, Kônitz en 1732. Uneautre acquisition fut celle de la baronie d’Aubonne près deMorges (1701), qui avait été la propriété du marquis deQuesne, et de Castelen (1732) que vendirent les descendantsdes filles du général d’Erlach.
Le territoire bernois d’alors comprenait ainsi : l’an-cien canton actuel, le Pays de Yaud et la Basse-Argovie ;on possédait en commun, avec Fribourg, les baillages deGrandson, Orbe, Echallens, Morat et Schwarzenbourg, avecZurich et Glaris, Baden et le Freiamt inférieur, avec les