184
Dohna (dont la famille avait acquis droit de bourgeoisie àBerne en 1667 par le fait de la possession de la baroniede Coppet) avait été membre du Grand Conseil et était de-venu feld-maréchal prussien. Emmanuel Gross était générald’infanterie à Modène ; Henri Bouquet, de Rolle, combattitcontre les Indiens en qualité de major-général anglais ;Abraham de Treytorrens fut gouverneur de Messine, Sigis-mond Rônner, de Nidau, major-général en Autriche, et An-toine-François de Polier, général d’artillerie du Grand-Mogol !
N’oublions pas que Berne entretint pendant un certaintemps une flottille sur le lac de Genève, pour y assurer lemaintien de l’ordre ; l’amiral en était le huguenot HenriDuquesne (mort en 1722), le fils de l’illustre amiral françaisAbraham Duquesne.
Il est hors de doute que le service étranger a beau-coup contribué au développement intellectuel des Suisses.
Au demeurant, la première moitié du dix-huitième sièclefut en général assez terne ; grâce à l’influence française etaux poètes allemands, la vie artistique et littéraire prit del’essor. En tout cas, Berne ne resta pas en arrière.
Associations et particuliers cultivèrent les sciences pourle bien du pays. La Société économique sut tout spéciale-ment se rendre utile ; elle avait été fondée par Jean-Ro-dolphe Tschiffeli en vue du relèvement de l’agriculture, etson exemple provoqua de nombreuses imitations. Le savantbailli Samuel Engel d’Aarberg et d’Echallens, géographe etnumismate, fut son premier président ; cette dignité passadans la suite à Albert de Haller. Elle comptait parmises membres le général de Lentulus, le médecin du roi dePologne, Jean-Frédéric Herrenschwand, le philosophe Jean- JGeorges Zimmermann, de Brougg, médecin à la cour deHanovre, le savant médecin Samuel-Auguste-André-DavidTissot de Lausanne, le trésorier Nicolas-Emmanuel Tscharner;