185
des étrangers comme le marquis de Mirabeau, père dufameux tribun, Linné, Filanghieri, Buffon, Voltaire et ArthurYoung, étaient en relations avec cette société.
Le plus illustre savant bernois est sans contredit Albertde Haller (1708 à 1777). Il s’était acquis comme médecin etnaturaliste une si grande réputation, qu’il fut membre detous les instituts scientifiques imaginables et que les offresles plus flatteuses lui furent faites de toutes parts. Aprèsavoir enseigné longtemps à Gôttingue, il retourna à Berneet se consacra tout entier à sa patrie. Il revêtit plusieursfonctions honorables et rentra dans le Grand Conseil. Dansla dernière année de sa vie, il eut encore la joie de rece-voir la visite de l’empereur Joseph II, qui revenait deFrance.
Si l’instruction publique avait été négligée au commen-cement du siècle, on montra bientôt beaucoup de bonne vo-lonté pour rattraper le temps perdu. L’Académie, qui n’avaitguère servi qu’à former des théologiens, fut particulièrementfavorisée. On y attira des maîtres distingués, Jean-JacquesLauffer, le continuateur de la chronique de Stettler, le ju-risconsulte Gottlieb Walther pour l’histoire, le doyen Jean-Samuel Ith pour la philosophie, Charles-Louis Tscharner,Daniel Fellenberg, Sigismond Leber, le rédacteur de laGericMssatzuwj, pour le droit, le Hambourgeois GeorgesTralles pour les mathématiques. Jean de Müller donna aussides cours d’histoire à Berne.
Le doyen Ith et le pasteur Samuel Wyttenbach fon-dèrent l’un une société théologique, l’autre une société dessciences naturelles (1786) ; trois ans après, un jardin bota-nique était créé par le pharmacien Charles-Frédéric Morell.Le Genevois Mieheli du Crest dressa un panorama des Alpeset mesura la hauteur de diverses sommités, mais il fut com-promis dans toutes les agitations politiques de son temps.