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libre pensée et les idées avancées n’en firent que plus debruit. Instruction passe bien-être, disait-on.
La Suisse était partagée entre cantons dont le nombrechangeait souvent. Un Directoire exécutif, composé de cinqmembres et de six ministres, le Sénat et le Grand-Conseilcomme autorité législative, une Cour de justice supérieure,formaient les trois pouvoirs de l’Etat. La situation des Com-munes se trouva également modifiée; des autorités muni-cipales furent établies à côté des autorités bourgeoisesexistantes. On résolut de supprimer les biens des corpora-tions ; le décret y relatif dut cependant être retiré par-cipar-là, et la ville de Berne entre autres obtint la restitu-tion de ses prés et forêts.
Il y avait dans le pays deux partis, les unitaires, dontle but était une république fortement centralisée, et lesfédéralistes, qui voulaient constituer une Confédérationd’Etats avec des cantons souverains. Ces divisions s’ac^cusère-nt d’autant plus que les ministres étaient les amisde la France.
C’est dans cette déplorable situation que se trouvait laSuisse lorsque la Harpe poussait à une alliance offensiveet défensive franco-helvétique. La Suisse s’imposa la lourdecharge de mettre sur pied un corps de troupes auxiliairesde 18,000 hommes. Bien plus, elle devint le théâtre de laguerre entre Autrichiens et Français. Devant le méconten-tement qui se donnait carrière, le gouvernement helvétiquetransporta son siège d’Aarau à Berne, où il comptait êtreplus sûr; mais il ne fit qu’accentuer ses procédés terroristes.La confusion augmenta quand le gouvernement chercha àse gagner des sympathies en abolissant les dîmes et lods;mais c’était là sa plus grande source de revenus et il dutles réintroduire. Les tristes événements de la guerre ayantencore accru le désordre (Décembre 1799), La Harpe recourut