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à un coup d’Etat pour se maintenir. Mais le contraire dece qu’il espérait arriva ; il fut chassé du Directoire et forcéde quitter la Suisse.
Qui sait où notre pays aurait été conduit par la dis-corde, les intrigues des partis, les déficits, si la France,auteur de la Révolution, ou plutôt son tout-puissant premierConsul, Napoléon Bonaparte — n’était intervenu pourmettre fin à l’anarchie ? Bonaparte reconnut bien l’indépen-dance de la Suisse dans le traité de Lunéville, mais ajouta,dans un article secret, la clause qu’il empêcherait les Suissesde se donner une Constitution qui pourrait être un sujetd’inquiétude pour leurs voisins. Aussi repoussa-t-il le projetde. Constitution des unitaires Glayre, Rengger et Stapfer,qui, entre autres, admettait l’Argovie et le Pays de Yaudau rang de cantons. Cependant une bonne partie de laSuisse n'était pas satisfaite de la marche actuelle deschoses; on rassembla même dans le Pays de Vaud 20,000signatures au bas d’une pétition demandant que Berne con-servât ses droits sur ce pays.
Bonaparte fit alors son projet de Malmaison, conçu dansun sens beaucoup plus fédéraliste. Il partageait aussi Berne :les autres cantons, à ce qu’il disait, s’étaient plaints sou-vent et avec raison de sa suprématie. Plus d’un projet deConstitution vit encore le jour ; la discorde éclata dans lescercles dirigeants, jusqu’à ce que la deuxième Constitutionhelvétique, moins unitaire que la précédente, eût été sou-mise au peuple et qu’on l’eût déclarée acceptée, — bien qu’ill’eût repoussée. Immédiatement après, Napoléon retira lestroupes françaises du territoire suisse. Ses adversaires re-prirent courage. Les cantons de la Suisse primitive ré-tablirent les landsijemeinden, pour préluder au retour à l’an-cienne Constitution. A Zurich, les amis de l’ordre de chosesantérieur étai’ent aussi à la tête des affaires. L’insurrection