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Tout cela pouvait être excellent, mais prématuré. Leshommes de la période helvétique, en proclamant la néces-sité de l’égalité entre les citoyens, de la liberté de com-merce et d’établissement, de l’extension du droit de bour-geoisie, de l’unification du droit pénal et du droit civil,n’en ont pas moins fait le premier essai, — un essai seule-ment, des institutions démocratiques appliquées à la Suisse.
II. L’Acte de médiation.
C’est bien l’une des meilleures preuves du génie de # Na-poléon, que l’habileté et la sagesse avec lesquelles il sutrétablir l’ordre dans la Suisse livrée à l’anarchie. Il demandaà pouvoir consulter, dans une réunion (la Consulta) tenueà Paris, non seulement des délégués du gouvernement commel’eussent désiré les potentats qui dirigeaient la République,helvétique, mais des représentants influents de toutesles opinions. La diète cantonale bernoise cassa les nomi-nations que la Standeskommission avait faites auparavanten vue de cette réunion; son choix tomba sur d’autreshommes, entre autres sur La Harpe qui n’accepta pas sonmandat. La ville désigna Nicolas-Rodolphe de Wattevilleet le président de la municipalité Théophile-EmmanuelGruber. Nicolas-Frédéric de Mulinen et Emmanuel de Wat-teville partirent également pour Paris, sur l’invitation spé-ciale de Napoléon. La plupart des délégués étaient desadhérents du régime «helvétique».
La Consulta s’ouvrit le 10 Décembre IS02. Un messagede Napoléon détruisit d’emblée les espérances des unitaires.Plutôt, disait-il, que de former une République unitairevous feriez mieux de devenir Français. La nature a faitvotre Etat fédératif. Votre premier devoir est de ne rien