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gouvernement helvétique rencontrait des ennemis mêmeparmi les Vaudois. Le colonel Louis Pillichody s’emparad’Orbo avec des Vaudois «fédéraux». Bachmann défît lestroupes « helvétiques » entre Avenches et Morat, le 3 Oc-tobre ; il comptait déjà prendre Lausanne, déjà le gouver-nement s’apprêtait à passer en Savoie, quand arriva le gé-néral Rapp, qui ordonna, au nom de Napoléon, la cessationdes hostilités; le général Ney devait envahir la Suisse avec40,000 hommes si ces ordres n’étaient pas exécutés.
I
Il fallut se soumettre. Le 9 Octobre, les troupes fédé-rales se retirèrent. Napoléon exigea le rétablissement 4 dugouvernement helvétique et fit avancer ses troupes dèsqu’on manifesta de la répugnance à obéir. Le général Neyentra à Berne le 23 Octobre. La Standeskommission et laDiète n’eurent plus qu’à se déclarer dissoutes.
Voilà l’histoire extérieure de la période helvétique. Tousles hommes de la nouvelle Suisse n’étaient pas de grands. hommes d’Etat. Les mieux doués d’entre eux n’en cher-chèrent pas moins à travailler dans les domaines qui leurétaient particulièrement assignés, ainsi Bernard-FrédéricKuhn, Albert Rengger et surtout Philippe-Albert Stapfer deBrugg. Ce dernier a donné la mesure de ses rares talentscomme ministre des sciences et des beaux-arts. Il a élaboréune loi scolaire, ainsi que des projets pour l’enseignementsupérieur, pour une université fédérale ; il a favorisé laformation de bibliothèques cantonales ; il désirait fonderun musée national ; il organisa la première exposition ar-tistique de la Suisse ; un commencement de cadastre pourla Suisse est encore dû à son initiative ; il avait prévu lacréation d’un Helvetisches Volksblatt, d’un journal populairesuisse de vulgarisation scientifique, que l’illustre pédagoguePestalozzi devait rédiger.