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mes considérables. Quoi qu’il en soit, ce fut Berne surtoutqui perdit le plus au nouvel ordre de choses.
La constitution fut promulguée au printemps de 1803.Les Commissions chargées de présider à sa mise en vigueurdans les cantons avaient été nommées à Paris.
Le nouveau Grand Conseil bernois, élu en Avril, se com-posait pour les deux tiers de patriciens dont quatre-vingtsavaient appartenu à l’ancien gouvernement. Le Petit Con-seil et la Cour d’appel comprenaient presque exclusivementdes patriciens. La charge d’avoyer fut conférée à Nicolas-Rodolphe de Watteville et Nicolas-Frédéric de Mulinen.Ce dernier fut remplacé en 1806 par Christophe-FrédéricFreudenreich.
C’est la France qui surveillait les relations de la Suisseavec l’étranger. On avait toujours sujet de craindre d’êtreabsorbé par elle. Mais le régime_ de Napoléon était écra-sant pour la Suisse comme pour les autres pays. On avaitgrand’peine à compléter l’effectif des régiments qu’il fallaitmettre à la disposition de l’Empereur. Nos soldats demeu-rèrent d’ailleurs fidèles à leur antique réputation : qu’on serappelle seulement la Bérésina !
Cependant la Suisse respirait de nouveau. Le trésorierBéat-Ferdinand-Louis de Jenner administra les financesd’une manière aussi exemplaire que les trésoriers d’autre-fois. Le gouvernement prouva combien le développementintellectuel lui tenait à cœur, en réformant l’Académie quedirigea l’énergique conseiller Abraham-Frédéric de Mutach.Elle eut des professeurs tels que Jean-Rodolphe VYyss.le jeune, l’auteur des paroles de notre chant nationallïufst du mein Vaterland , Samuel Schnell, Jean-Jacques Ith,Charles-Louis de Haller, le futur « restaurateur », puis, plustard, Kortüm et Doderlein.