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à la nouvelle Confédération. L’animosité des cantons et leurjalousie contre Berne étaient si grandes, que la Diète nechoisit pas un Bernois pour représenter la Suisse au Con-grès de Vienne. Le gouvernement dut y envoyer un chargéde pouvoirs spécial, le conseiller Louis Zeerleder. Ses effortsen vue de conserver l’Argovie et d’obtenir des compensationsde droit privé dans le Pays de Vaud échouèrent devant lerefus des Puissances — la Russie se laissant toujours in-fluencer par La Harpe — et devant l’attitude intéressée deRengger et Reinhard. On imposa aux Bernois, à titre d’in-demnité, l’Evêché de Bâle dont ils n’avaient ,pas voulu, unecontrée avec laquelle ils n’avaient rien de commun, ni larace, ni la religion, ni la langue. Berne dut accepter la«Déclaration et Transaction de Vienne», du 20 Mars 1815,qui partageait la Suisse en vingt-deux cantons et lui garan-tissait sa neutralité.
III. Du Congrès de Vienne à nos jours.
« L’avoyer. le Petit et le Grand Conseils de la ville etrépublique de Berne » exercèrent de nouveau le pouvoirdans le canton de Berne, durant la Restauration (1815 à1830). L’administration resta à peu près ce qu’elle avaitété au temps de l’Acte de Médiation ; le Jura fut divisé enbaillages (Porrentruy, Delémont, Franches-Montagnes. Mou-tier, Courtelary) et Bienne réuni à Nidau. Il était assezdifficile de régler la question diocésaine dans l’ancien Evêchéde Bâle. Non seulement il fallut négocier longuement avecd’autres cantons, car le Jura était trop petit pour formerun évêché, mais on dut envoyer une délégation à Rome ;le Lucernois Ruttimann et le futur avoyer Emmanuel-Frédéric de Fischer furent désignés à cet effet. Ce n’estque bien des années après qu’on réussit à constituer un