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Mais les autres cantons avaient encore foi dans l’étoile deNapoléon et ne voulurent pas rompre avec lui. Une occu-pation des frontières fut ordonnée, mais elle était si insuf-fisante que le général Nicolas-Rodolphe de Watteville,l’avoyer bernois, n’eut rien d’autre à faire qu’à retirer sestroupes devant les Alliés en protestant contre la violationde la neutralité suisse; le 21 Décembre 1813, ils entraientdans notre pays.
L’Acte de médiation avait cessé d’exister. Les Alliésne s’en tinrent pas là ; ils exigèrent le rétablissement del’ancien ordre ^e choses. On fit miroiter devant les yeuxdes Bernois une reprise de possession de l’Argovie et duPays de Vaud. Le gouvernement céda à la pression desPuissances, dont les troupes étaient arrivées à Berne. Le24 Décembre, il remit le pouvoir entre les mains desmembres encore vivants du gouvernement d’avant 1708.Ceux-ci lancèrent, le même jour, la malheureuse proclama*-tion où ils annonçaient le rétablissement du régime aristo-cratique et réclamaient la souveraineté sur l’Argovie et lePays de Vaud. Les survivants de l’ancien Grand-Conseil, aunombre de 141, se complétèrent jusqu’au chiffre de 200 ; onélut en outre 99 députés de la campagne.
Ce fut une décision non moins prématurée que celle dela Diète convoquée à Zurich par le landammann -Jean deReinhard, d’après laquelle l’Acte de médiation était bienabrogé, mais le maintien des 19 cantons garanti, Argovieet Vaud y compris. La situation se tendit avec Berne aupoint de devenir dangereuse ; c’en était fait de son espé-rance de reconquérir ses territoires de jadis, d’autant plusque, dès maintenant, les Puissances, surtout la Russiedont l’empereur était excité par La Harpe, se montraientdécidément mal disposées. Berne dut envoyer des déléguésà la Diète de Zurich, mais n’adhéra que quelques mois après