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On annonça Monsieur de Diessbach, officier de dragons*qui avoit reçu l’ordre de se rendre à Fraubrounncn où il trou-veroit quelques dragons avec lesquels il devoit escorter Napoléonjusqu’à Soleure, mais il ne vinrent pas. On se leva de table;je fus envoyé au château, dire à Monsieur de Watteville, qu'illit en sorte de faire monter à cheval quelques paysans et quandce seroit à poil , propre mot de Buonaparte. Monsieur le Baillisenvoya auprès de Buonaparte son fils pour se concerter aveclui. Napoléon témoignait une espèce d’inquiétude de ce que cesdragons n’arrivoient pas; il dit: ne peut on pas faire monter àcheval quelques paysans?!
L’inquiétude du Général étoit visible et remarquable. Jepris sur moi de lui dire, que les routes étoient libres et sûres.Il me répliqua qu’il savoit, qu’on attentoit à sa vie ; que Mon-sieur Wickham *) ne négligeoit ni argent, ni pas ni peines pourse défaire de lui; je lui observois , que Monsieur Wickham étoitun homme trop moral et trop consiencieux et trop homme debien pour commettre un tel crime. Il me répondit : „J’ai les„preuves de ce que j’avance là en mains . 1,1 Je me tus. (VideAppendix.)
Les dragons n’arrivant pas, le général en paroissoit fortmécontent et inquiet. Monsieur de Diessbach se retira, de mêmeque Monsieur de Watteville, fils, qui retourna au château; leBaillis ne se montra pas
Dans ce moment là le voiturier Vicat demanda a parler àBuonaparte. Il le fit entrer; c’étoit pour lui dire: que le dernierhussard disponible jusque là étoit hors d’état de continuer d’allerH cheval , qu’il demandoit une place dans une des voitures ;Buonaparte dit: „soit; mais quels singuliers hussards qui nesavent pas êtres une journée à cheval sans être blessés !
J’eus l’occasion après souper de parler avec le GénéralMarmont au sujet de la campagne et d’autre choses: il me dit:
! ) Wickham war Gesandter GrcßbritannienS bei der scbwei'z. Eidgenossen-schaft; er wohnte gewöhnlich zu Lausanne, zuweilen auch in Bern. Er warein Freund des Königthums in Frankreich; daher ein erklärter Feinv derfranzösischen Republik und mich!» auch Bonapartrs. '