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MARIS TRACTUS, circa NOVAM FRANCIAM&c. GUYANAM, & BRAZILIUM.
Les Cotes Septentrionales du Brezil, celles des Amazones, dela Guyane ou Caribane , & de Caraques ou Nouvelle An*dalousie , avec les Jíles & Colonies des petites Antilles deBarlovento , & de Sottavento.
Vingt-stxiéme Carte qui représente la Mer du Nord , depuis f les Ifles Adores & le Canada , jus.qu’au Brezil ; Qf qui contient un Supplément pour la Nouvelle ^Angleterre , la Nouvelle Fran-ce , & Terre-Neuve qu’on doit décrire dans le Discours qui suivra celui-ci.
EXPLICATION.
C Ette Carte est divisée en deux Parties, par rapport aux Côtes ; mais par rapport à la Mer , elle répond ìla XVII. des Côtes d’Afrique où font les Isles Azotes , & celles du Cap Verd qu’on a repréíentées encoreau Nord-Est de celle-ci, pour montrer qu’elle doit servir avec la XVII. à démontrer toute l’étenduë de lagrande Mer qui sépare P Afrique de l’Amérique , par laquelle se sait toute la Navigation des Indes Orientales <&Occidentales. Quant aux Côtes , on trouve ici en quelque maniéré deux Cartes différentes. Celle qui est au Sud ren-ferme la fuite des Côtes du Brezil & de l'Amazone. Celle qui est au Nord représente les Côtes de la Nouvelle Angle-terre , de la Nouvelle France, 3c de Terre-Neuve. On poursuivra ici pour ne rien interrompre l’explication des Côtes del'Amazone , & de celles qui les suivent, jusques au Lac de Marcaybo ; & comme la Mer qui se resserre entre le Continentde l’Amazone 8 c du Canada , vient à s’enfoncer bien avant dans les Terres , pour former le grand Golfe des Indes Occi-dentales 8 c du Mexique , nous en expliquerons tout d’une fuite Parrangement des Côtes , jusques au Canada 8 c Terre-Neuve , en la Carte suivante.
La Guyane qui commence à la Rivière des Amazones est un grand Pais divisé en deux grandes Contrées , la Caribanequi occupe toutes les Côtes , 8 c la Guyane propre qui va bien avant dans les Terres , & où l’on met le Lac de Parime Scla Ville de Marna , qu’on a nommée El Dor ado , à cause de la grande quantité d’Or qu on a crû qu’il y avoit. 11 y aplusieurs Peuples dans ce Pais , dont les plus connus font les Caribes. Ils ont tous leurs Caciques ou Capitaines , 3c peude connoislance de Religion. Ils font leur Pain qu'ils appellent Cajsave , avec une Racinequ’ils râpent ; 3c\curOzacow>qui est une espèce de Ptisane avec des Patates , qui font une espèce de Figues. Us se font presque toujours la Guerre,8 c ils mangent leurs Prisonniers. Les Européens François , Portugais & Hollandois ont bâti quelques Forts , 3c établiquelques Colonies fur les Côtes de la Caribane , & dans les Isles voisines -, Sc ils en tirent du C otton . du Sucre , duTabac , du Bois de Brezil Sc d’Aloës , du Baume , des Oranges , des Citrons confits 3c fans être confits. On neVestpoint apperçû jusqu’à présent qu’il y ait des Mines d’Or ou d’Argent . 3c ces Peuples ne se soucient point de ces Mé-taux , auxquels ils préfèrent quelques menuës Quincailleries qu’on leur porte de l’Europe , 3c des Isles Caribes possédéespar les Européens. La Caribane s’érend . depuis l’embouchure de l’Amazone , jusqu’à celle de l’Orenoque , touc lelong de la Mer du Nord , qui la baigne à l’Orient sc au Septentrion. Elle a la Terre-Ferme au Couchant sc la Guyaneau Midi. Ce Pais étoit autrefois compris fous la Guyane , mais les Caribes chassez des Isles Antilles par les Européens,s’étant retirez dans cette partie de la Guyane , lui ont donné le nom de Caribane qu elle porte aujourd’hui. Le Roi dePortugal a stipulé par son Traité de la Paix d’Utrecht avec le Roi de France > que les Côtes de l’Amazone doivent ap-partenir au Portugal , depuis la Rivière de Vincent Pison , sc le Cap du Nord , jusques au Brezil, sc qu’il fera permisaux Portugais d’y bâtir des Forts ; 3c défendu aux François d’y rien prétendre , ni d’y aller faire Négoce. De toutesles Colonies que les Européens ont tâché d’établir fur les Côtes de la Caribane , celle de la Cayenne des François , 3ccelle de Surinam des Hollandois se sont maintenuës avec le plus de réputation.
La Cayenne n'est qu’une petite Isle d’environ dix-huit lieuës de circuit, située à l’embouchure de la Cayana dont elleà pris la nom. Les François y ont Une Colonie 3c une Forteresse qui se nomme le Fort Louis. La Ville 3c le Fort fontfur l’Isle. Les Habitations s’étendent un peu dans les Terres le long de la Rivière. II n’y a guéres plus de zo Plantages,tant en Sucre qu’en Vivres , 3c en Rocou ou Orlean , qui est une Teinture rouge. Le Sucre qui en vient est plus beauque celui de Surinam , 3c vaut soixante pour Cent davantage , mais il ne s’en lait que la charge de deux Vaisseaux parAn , faute de Nègres pour cultiver les Plantages. Cette Colonie déchoit beaucoup. Le Fort est défendu par vingt-cinqpièces de Canon 3c cent Soldats.
L’Isic de Ca' enne est fort considérable pour le grand nombre d’Observarions Astronomiques que d’habiles Mathémati-ciens & Astronomes y ont faites enl’An 1671 . 3c en 1672 Le Roi de France ayant été informé de Tutiliré qu’on avoit tiréede l’Observation des Eclipses des Satellites de Jupiter pour établir les Longitudes de la Terre , ordonna à son Académied’envover des Observateurs dans les Lieux de fa Domination les plus éloignez. On en envoya donc en plusieurs endroitsde 1 *Afrique 3c de l’Amérique . & entre autres à la petite Isle de la cayenne , située au quatrième Degré 56 Minutes 42Secondes de Latitude Nord. Les Observations que l’on fit en cette Isle ptndant plus d’une Année , confirmèrent ce quel’Académie avoit établi touchant les Réfractions des Astres, elles donnerent une connoissunce précise de l’obliquiré del’Ecliptique , & servirent à déterminer la Parallaxe du Soleil , en comparant ses Hauteurs Méridiennes prises à la Cayen-ne , avec celles que l’on a trouvées les mêmes jours à Paris. On a aussi déterminé par les Observations des Eclipses duSoleil, de la Lune , 3c des Satellites de Jupiter , la différence de Longitude entre Paris & la Cayenne. On y observales Etoiles fixes qui font si proches du Pôle Austral, qu’on ne peut les voir dans nos Climats, 3c on sit plusieurs Re-marques fur la Variation & la Déclinaison de l’Eguille aimantée , sur la Pesanteur de l’Air , 3c fur la Longueur de la Pen-dule , qui fut trouvée sensiblement plus petite proche de l’Equateur , que dans nos Climats. Ce qui est très-importantpour prendre les précautions nécessaires dans l’usagc que l’on peut faire de la Pendule pour la connoissance des Longitu-des. L’on fit quantité dLutres Observations , dont nous ne rapporterons que celles du Flux 3c Reflux de la Mer . Scdes* Vents qui règnent fur les Côtes de cette Isle 3c de la Caribane. Les Marées font réglées fur ces Côtes 3c vers l’em-bouchure de la Rivière des Amazones , comme aux Côtes de France fur l’Océan. ^ II est haute Mer autour de l’isie deCavenne , fur le bord de la grande Mer, les jours de la Nouvelle & Pleine Lune , à trois heures trois quarts après Midi;8 c plutôt que cette heure , plus on approche de l’Equateur , en suivant les Côtes fur le bord de la Mer : à quoi il faneaioûter que la Mer hausse 3c baisse autour de cette Isle , de six pieds aux jours de la Nouvelle 3c Pleine Lune , ce quel’on a remarqué pendant une Année entière, 3c qu’aux Equinoxes, dans les temps des grandes Marées, où la Mer-- n r H h monte