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Etude médico-légale sur le secret médical / par L. Crevoisier
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« Il résulte de tout ce qui précède que si votre client na aucunvice appréciable, vous pouvez lui donner un certificat, que si vouslui donnez ce certificat, vous ne pouvez pas le refuser à son voisin,qui nest pas dans les mêmes conditions de santé; que si vous lerefusez, vous lui faites savoir quil est malade ou sous limminencedune maladie héréditaire (ce quil ignore peut-être) ; que si vousdonnez le certificat ou le client sera indiscret et lira votre certificat,ou la compagnie refusera lassurance et, dans ce deuxième cas, leclient saura encore ce quil devait ignorer, ce quil est de votredevoir de lui laisser ignorer même malgré lui. Que faudra-t-il doncfaire ? Refuser tous les certificats demandés par les Compagnies dAssurances . Cest la seule solution possible.

« Cest ici que vient se placer ma proposition. Vous comprenezque laction individuelle ne peut rien en pareille matière et quilfaut une régie de conduite commune à tous. En effet, lun de nousrefusera tous les certificats demandés, son voisin les donnera ; de,colère du client, abandon du médecin, parce quil a fait son devoirMais nous sei'ions bien forts, si nous pouvions répondre à nos clients :< Je vous refuse le certificat demandé par la compagnie, parce quenous tous, médecins de tous les arrondissements de Paris , nousavons pris lengagement les uns vis-à-vis des autres, et dans voti*eintérêt, de ne pas donner de pareils certificats ». Que pourrait ré-pondre le client? Rien. Il serait forcé de sincliner devant votreengagement, assuré de ne pas trouver chez votre voisin ce que vouslui auriez refusé et la compagnie qui a des médecins quelle paye,sera obligée de sen rapporter exclusivement à leur examen, auquelle postulant se soumettra, mais qui ne compromettra ni vos intérêts,ni votre conscience.

« Que les Compagnies dAssurances sur la vie soient bien per-suadées que ce nest pas un esprit dopposition qui dicte notre pro-position. Les services quelles rendent sont incontestables, nous sommesdes premiers à le proclamer ; mais les chefs de ces compagnies nese sont pas rendu compte de la gravité de ce quil nous demandent,et ils nhésiteront pas à y renoncer deux-mêmes, lorsquils com-prendront dans quelle fausse position ils nous placent vis-à-vis denos clients. Les médecins attachés aux Compagnies dAssurances feront un examen plus minutieux, ils le renouvelleront sil est né-cessaire ; les intérêts des Compagnies seront sauvegardés par lexamen