Findustrie, le génie se développe, les arts naissent 8c fleurissent rapidement ; par laraison que le génie éveillé perfectionne tous les arts.
La fierté majestueuse de Louis XIV , qui ne se familiarisoit qu avec le beau 8c legrand , inspira le génie, en commandant aux esprits, aux talens ; &: bientôt ils sesurpassèrent. On vit à la fois de grands-hommes 8c des chef-d*œuvres en tout genre.Le bon 8c le brave Sully avoit pensé que les dépenses antérieures à la production desfruits de la terre, font les sources de la population, le principe du système des richesses,8c celui fur lequel est fondé le droit de propriété ; il s’occupa donc à multiplierdes fermes pour faire prospérer l’agriculture. Colbert , qui trouva sagriculture déjaperfectionnée , jugea nécessaire d’établir des atteliers nombreux à findustrie, 8c parvintrapidement à accroître ses progrès. Depuis fan 1663 , jusqu’en 167Z , chaque année duministère de Colbert fut marquée par rétablissement de quelque manufacture.
Les draps fins qu on tiroit auparavant d’Angleterre ou de Hollande, furent fabriquésdans Abbeville . Le Roi avançoit aux manufacturiers z000 livres par chaque métierbattant, outre des gratifications considérables. On compta, dit Voltaire , dans f année1689, quarante mille deux cents métiers battans en laine dans le Royaume.
Les manufactures de foie perfectionnées, produisirent un commerce de plus decinquante millions de livres de ce tems-là.; 8c non-seulement favantage qu’on en tiroit,étoit de beaucoup au-dessus de fâchât des soies nécessaires ; mais la culture des mûriersque Henri IV avoit introduite en France , mit les fabricans en état de se passer des soiesétrangères pour la chaîne des étoffes.
On commença dès 1668 à faire d’aussi belles glaces qu à Venise , qui en avoittoujours fourni toute f Europe , 8c bientôt on en fit dont la grandeur 8c la beauté n’ontjamais pu être imitées ailleurs.
«
Les tapis de Turquie 8c de Perse furent surpassés à la Savonnerie ; les tapisseriesde Flandres cédèrent à celles des Gobelins. Ce vaste enclos étoit rempli de plus de huitcents ouvriers, dont trois cents y éíoient logés. Les meilleurs peintres dirigeoientf ouvrage ou fur leurs propres destins, ou fur ceux des anciens maîtres d Italie . Outre lestapisseries, on y fabriqua des ouvrages de rapport, espèce de mosaïque admirable, 8cfart de la marqueterie fut poussé à sa perfection. Outre cette belle manufacture desGobelins, on en établit une autre à Beauvais . Le premier manufacturier eut fix centsouvriers dans cette ville, 8c le Roi lui fit présent de 60000 livres.
Seize cents filles furent occupées aux ouvrages de dentelles : on en fit venirtrente principales ouvrières de Venise , 8c deux cents de Flandres, auxquelles on donna36000 livres pour les encourager.