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TABLEAU DES RICHESSES
Les fabriques des draps de Sedan, celles des tapisseries d’Aubusson , dégénérées Sctombées, furent rétablies. Les riches étoffes où la foie fe mêle avec for Sc l'argent,fe fabriquèrent à Lyon, à Tours , avec une industrie nouvelle.
On acheta en Angleterre le secret de cette machine ingénieuse avec laquelle on faitles bas. Le fer-blanc, Facier, la belle fayance, les cuirs maroquinés qu on avoir toujoursfait venir de loin , furent travaillés en France ; mais des Calvinistes qui avoient lesecret du fer-blanc Sc de facier, emportèrent en 1688 ce secret avec eux, &: firentpartager cet avantage Sc beaucoup d’autres à des nations étrangères.
Le Ròi achetoit tous les ans pour environ huit cents mille de nos livres, de tousles ouvrages de goût qu on fabriquoit dans son Royaume, Sc il en faisoit des présens*
Ainsi Fagriculture Sc Findustrie marchent d'un pas égal pour la production desrichesses ; mais Fagriculture qui avoir fait les premiers pas, devoir diriger la marche defa compagne ; Sc s il est vrai que Colbèrt , pour élever Findustrie, nuisit à Fagriculture, ce- grand-homme ignoroit que Fagriculture florissante est le seul moyen qui puisse enrichirles cultivateurs &: les propriétaires de manière à employer Findustrie, &: à lui fournir descapitaux Sc les avances nécessaires aux productions qui attirent les richesses étrangères.En effet, c est à F aide de la culture Sc des productions de subsistance, que les atteliersd’industrie font peuplés ; c'est à f aide de Fexploitation Sc de Fextraction des matièrespremières que ces atteliers font approvisionnés ; ce font les capitaux productifs quienrichissent Sc mettent en activité les moyens naturels Sc le travail des hommes. L’appâcdes richesses nationales Sc étrangères éveille Findustrie ; les richesses &: le génie industrieuxdes Entrepreneurs en font naître les productions. Celui qui préjudicie à Fagriculture pour' animer Findustrie, est donc un jardinier qúi croit que les branches de son arbre s'étendronten taillant les racines.
La France étoit appellée au commerce par fa situation fur le globe, par la natureSc F abondance de ses productions , Sc par des manufactures florissantes ; mais il luimanquoit une marine : elle sortit du néant à la voix du Monarque. Le pavillon françoisarboré fur toutes les mers annonça aux deux Mondes le commerce & Athènes , Findustriede Co'rinthe , Sc les soldats de Sparte , tandis que fur le Continent, d’autres merveillesétonnoient les Nations. La France devint le fol naturel des grâces Sc du goût qu ellesinspirent, Sc son faste de. représentation fut celui de la ' magnificence. Des fêtesmajestueuses Sc galantes à la fois, les plaisirs des capitales, les teaux-arts, les sciences,la littérature , accélérèrent ainsi une civilisation , qui a répandu tant de douceurs Scd’aménité dans les mœurs d’une nation, trop favorisée de la nature pour n avoir pas desjaloux Sc des rivaux. Cette rivalité, SIRË, n’empêche pas que tolis les peuples de laterre, agacés par notre luxe, ne plient fous le joug françois, en adoptant son langage,
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