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Atlas du commerce : dédié au roi / publié par M. Le Clerc, écuyer, chevalier de l'ordre du roi, membre de plusieurs académies, &c.; et par M. Le Clerc, fils, écuyer, officier au régiment de Durfort, dragons
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14 TABLEAU des richesses

Personne, SIRE, ne connoît aussi bien que le Ministre de vos finances, larévolution opérée dans nos fabriques, par la succession rapide de la dentelle au marly,du marly à la gaze, de la gaze au filet, &c. Les permissions surprises au Gouvernementde faire entrer dans le Royaume des gazes dAngleterre, &: les protocoles des deuilsde cour qui nécessitoient de s'en servir, ont causé de grandes pertes à nos Fabricans.II en est de même de limportation de ces voitures qui assourdissent les oreilles, ôc deces cabriolets conduits par des Anglo-manes , qui effraient toujours quand ils ne mutilentpas les passans. Ces chars montés, pour ainsi dire fur des échasses , font aussi rapidesJbí plus dangereux que le char du rems. Pourquoi donner ainsi à 1*Angleterre dest débouchés de commerce quelle ne nous accorde pas ?

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D*autres futilités, alternativement recherchées &: rejetées, ont porté le coupmortel aux manufactures de Lyon. % Quelle crise son commerce autrefois si florissant,néprouve-t-il pas aujourdhui de la suppression des dauphines ', ôc dautres étoffes dungrand prix, brochées en foie , en argent, ou en or? Tout-à-coup les femmes sen fontdégoûtées, pour ne porter que de petites robes. Les fabricans, les hommes industrieuxqui avoient monté leurs dépenses en raison du débit ôc du profit de leurs travaux, ontéprouvé un mal-être quils navoient jamais connu ; la même révolution a précipité dansla misère des milliers d ouvriers inoccupés.

Ce simple apperçu des effets dun luxe mesquin, frivole, destructeur des mœurs ôcdes fortunes, sussit pour fixer les regards de l'Administration , ôc pour lengager àrégénérer ces belles, ces grandes manufactures, qui faisoient la moitié de la richessede la Nation : sil faut renoncer aux grandes choses, ou les soutenir par des moyensefficaces, la proscription doit être le partage de lindustrie de vanité, de futilité ôc deruine ; ses caprices nont aucun droit à lindulgence du Gouvernement.

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Lorsque la bienfaisance est dans le cœur des Souverains, les hommes font toujoursheureux, parce quil suffit de leur faire appercevoir le bien pour quils saisissent lesmoyens de le procurer.

Le grand art de faire fleurir un grand Empire, c est de favoriser la population ,laoriculture & lindustrie, par la liberté du commerce intérieur, ôc par l'extension ducommerce extérieur. Cest dans ces ressources fécondes, quil faut chercher lentretien& les progrès de nos forces de terre & de mer, laugmentation annuelle de nos revenus,& lacquittement graduel de la dette nationale. La population de la France suffit à sonétendue ; elle ne demande pour prospérer , que des champs ouverts à lactivité de seshabitans: par-tout la nature leur laisse une libre carrière, ils réussissent à lui donnerson essor, pourvu que le Gouvernement veuille seconder leur pente, plutôt que diriger

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