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leur marche. La liberté est aux opérations du génie, de l'esprit, des talens, de Tindustrie& du commerce , ce que l'air est à la respiration. Gênez les animaux : vous n aurezbientôt plus d’espèces ; il en est de même de T homme. Tout se meut par la liberté, la,protection 8c l'amour, 8c le bien s’opère vite lorsque l'exemple du Monarque sinspire.
L’ agriculture, SIRE, est cette profession mère 9 chérie de touá les peuplescivilisés : elle est le premier des arts dans la vie sociale, 8c la première source des richessespar la circulation de ses produits entre toutes les classes des Sociétés. On a dit que lespremiers grains de bled confiés à la terre, avoient fait germer les sceptres 8c les couronnes :on a dit vrai. G'est Fagriculture qui est le pivot des sociétés, le lien naturel des hommes,l’espoir, la ressource, le complément de leurs defirs, de leurs besoins, de leurs jouissances:son histoire n offre que des bienfaits ; c est elle qui favorise par-tout la population, 8cqui supporte le fardeau des Empires : ceux qui travaillent fans relâche à la production,8c qui payent les charges publiques, font la force des Rois 8c des peuples. L’agricultureest donc au physique, ce que les mœurs font au moral, le plus utile , le plus beau, leplus vaste apanage des Souverains ; 8c le plus heureux de tous les Gouvernemens estcelui dont les vues 8c les travaux font dirigés à T avantage des bonnes mœurs 8c de labonne culture, 8c dont tout le poids est déterminé vers leur protection 8c leur défense.
Il est réservé à Dieu seul de créer : la nature 8c les hommes produisent. Mais, si lefond de la nature est inépuisable, 8c si l'accroissement des productions végétales nad’autres limites que la surface de la terre propre à la végétation, l’homme ne jouit derien sans le travail : le ciel &: la terre ne lui accordent rien, qu il ne Tobtienne parses veilles, par ses sueurs 8c par son industrie.
L’homme étant né pour jouir, 8c ne pouvant jouir sans travail, il doit tendre auxjouissances le plus qu’il soit possible, avec le moins de travail, 8c aux moindres fraispossibles ; cette conséquence est gravée par le désir du bien-être sur toutes les Tablesde Tindustrie humaine. Ce désir n’est ni factice, ni arbitraire ; son but est déterminépar la nature même ; c est à la raison, qui est le guide de la nature , à déterminerl’ordre 8c les moyens nécessaires pour atteindre ce but.
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La terre est le principe de la production. L’homme ne produit que d’une manièresecondaire. Pour mettre ses forces en activité, il faut qu’il trouve des reílources 8c desmatières premières produites avant lui : pendant son travail , il a besoin des alimensnécessaires à fa subsistance ; il doit encore avancer à la terre pour la fertiliser 8c la fairereproduire : ainsi point d’industrie sans avances > point de travail fans prix , point deproductions fans travaux , point de subsistances , point de moyens d’échange, pointde richesses, point de jouissances, point de moyens d’être heureux. Je sème un grainde bled, 8c la nature me donne un épi, souvent deux, 8c quelquefois trois : mais pour