3 o TABLEAU DES RICHESSES
On évalue les terres incultes entre Bordeaux Sc Bayonne de six à sept cents millearpens : mais il n’y a point de particulier aísez riche pour entreprendre de féconder leslandes de Bordeaux . Cette grande tâche est celle du Gouvernement, qui ne peut en venirà bout, qu en faisant ouvrir d'abord un large canal dans toute F étendue de ces landes,qui serve de lit commun à toutes les eaux que lui apporteront les petits canaux &: fossésde détail ; il faut ensuite établir les écluses ôc les vannes nécessaires, pour en fairesortir ces eaux au besoin, à Feffet d'arroser les prairies , les pâturages, ôcc. Ce pointobtenu, il ne restera que deux choses à faire : la première , c'est de planter les arbresconvenables au fol ôc au climat ; 8c la seconde, d’établir une colonie pour les défrichemens.La France aura cette colonie nombreuse ôc riche au moment où elle voudra savoir :le titre de Bon dit tout : le mériter, SIRE, c'est disposer tous les cœurs à Famour,à la vénération, à la reconnoissance. Je puis certifier à Votre Majesté, que les Françoishonnêtes , établis dans les différentes contrées de FEurope, ne forment qu un cri ôcqu un vœu pour rentrer dans le sein de leur ancienne patrie. Ce désir, ce cri, ce vœu,sont autant de sermens de fidélité qu ils prêtent à la France . Rien n’a détruit, rienne peut détruire dans leurs âmes ce lien cher ôc sacré : il y a plus : au sein même dubien-être &: de la tranquillité dontils jouissent ailleurs, ils m ont dit & répété : nousportons vos Rois dans nos cœurs ; qu ils nous tendent les bras ! le premier mouvementqui succédera d ce transport de joie , sera de partir ; devoirs , services , induflrie , richesses ,tout efl au pouvoir de Louis XVL ....
Il est donc vrai qu il n est aucun sacrifice pour des François en posseísion de bien aimerôc de bien servir leurs maîtres, qui brûlent de lui prouver un attachement inaltérable,ôc qui ne respirent qu après le moment fortuné où ils pourroient leur renouveller unserment, dont un siècle d’ostracisme ne les a point encore déliés.
L*acte de tolérance qui les feroit jouir des droits que la nature ôc la patrie leurdonnent à Fexistence civile , aux jouissances, au bonheur commis.n , feroit un acted'humanité ôc de justice, & F un des plus augustes du pouvoir suprême. L'Angleterre,la Hollande , F Allemagne & le nord de FEurope , ne r-, d croient pas â restituer à laFrance , les descendans de ceux qui ont contribué par leurs talens & leur industrie, ànous rendre plus riches, plus grands ôc plus puissans, depuis le règne de Henri IV , jusquevers la fin de celui de Louis XIV .
On encourage toutes les espèces de productions, la conversion du superflu en richessesd’exploitation, ôc tous les travaux industrieux par le débit ; le débit par la facilité destransports des denrées ôc marchandises. II est donc du plus grand intérêt de 1 Etat,de faciliter les défrichemens, le dessèchement des marais, F amélioration des landes ;d’ouvrir par - tout des communications libres ; de finir les canaux commencés, d en