TABLEAU DES RICHESSES
un accès libre à l'air; de supprimer celles qui se croisent ; de ne point faire monter lesarbres trop haut, par le retranchement mal entendu des branches latérales ; mais de lesménager de façon , qu elles puissent par la fuite fournir un ombrage salutaire au tronc.
C’ E s T en multipliant ainfi les pépinières Sc les plantations, que la France obtiendra,avec le tems, une abondance d’excellentes huiles pour fournir les tables ; des huilesmoyennes pour éclairer les temples Sc les maisons des particuliers ; des huiles communespour alimenter les fabriques de draps, de savon, Scc. Elle tirera parti de son superflu,par des échanges avantageux avec l'étranger.
Mais pour avoir abondamment des huiles de la meilleure qualité, il faut déracinerl'ufage absurde de laisser les olives entassées depuis la fin de Novembre jusqu'à la Pentecôte.Cette longue fermentation qui altère la nature douce de l’huile, la rend acre Sc désagréableau goût. Pourquoi les huiles d’Aix Sc de Grâce semportent-elles en bonté fur toutesles autres ? n’est-ce pas parce que le fruit passe directement du champ au moulin ?
La plantation des oliviers n'est pas la feule nécessaire ; il faudroit planter de mêmedans les climats tempérés , des mûriers à feuilles romaines , autour de chaque carré deterre , à des distances convenables. Cet entourage procureroit au moins quarante mûrierspar carré. Le feu Roi de Sardaigne , de glorieuse mémoire, voulant encourager dans sesEtats la culture des vers-à-soie, ordonna les mêmes plantations. 11 employa un moyeningénieux pour engager ses sujets à planter des mûriers*: les héritages qui en étoiententourés, payoient un quart de moins d’impôts, Sc ceux qui ne l'étoient pas, un quartde plus.
Nous pensons qu il faut inviter fans contraindre, instruire Sc enrichir f homme parl’expérience : c’est le plus sûr moyen de lever les obstacles que les préjugés de la routinemettent â son bonheur, qui dépend bien plus des exemples que des préceptes. Lesprovinces méridionales demandent encore quatre cents mille pieds de mûriers ; il est dela bienfaisance de Votre Majesté de les leur procurer. Un beau mûrier rapportedouze livres par an &: quelquefois davantage. Le cent de feuilles se vend jusqu'à trois livres.Le produit des vers-à-soie est évalué à-peu-près à vingt millions par an dans la provincedu Languedoc. Les Etats de cette province doivent encourager les habitans à filer lafoie de ces animaux, après les avoir élevés ; ils y gagneront le bénéfice de main-d'œuvre.II y -a plus : les nouvelles pépinières à établir dans ces provinces, procureroient peut-êtrele moyen d’avoir deux récoltes de foie par an ; l’obíèrvation suivante semble en prouverla possibilité. . .
Le 2.6 Juillet 1784, après la récolte des soies, une femme do Valence mouilloit,selon l'usage, les draps fur lesquels les vers-à-soie avoient déposé leurs œufs. Elle
apperçut