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Atlas du commerce : dédié au roi / publié par M. Le Clerc, écuyer, chevalier de l'ordre du roi, membre de plusieurs académies, &c.; et par M. Le Clerc, fils, écuyer, officier au régiment de Durfort, dragons
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D E L A F R A N C E. 67

Il y a dans la même Banque une partie qui concerne rapproviíionnement destroupes. Celle-ci est gérée par des négocians Sc des particuliers bien famés, Sc nomméspar le Roi. Parmi ces régisseurs roturiers - il s'est trouvé un négociant gentilhomme, lemarquis de Toro Lambrano, qui, fier de fa noblesse, a abandonné les appointemensque lui donnoit fa place , pour rentrer dans la classe des nobles honoraires, Sc jouir à lafois des prérogatives de la noblesse, Sc des bénéfices du commerce.

L’établissement de la Banque de Saint-Charles > est le plus grand exempleque puisse donner une nation jalouse de la prééminence de sa noblesse ; ôc cet exempleest bon à suivre parmi nous. Qu'on n’aille pas nous persuader que nous avons assez decommerce ; ce n est pas un jeu d’enfant ; il y va de nos fortunes Sc de nos forces. Uncommerce qui a souffert tant de diminutions, ne doit pas penser à se borner ; Sc quelqueflorissant qu il paroisse aujourd’hui, il s'en faut bien que les fruits ne répondent à lagrandeur de l’arbre. Flatter une nation, c est lui plaire > mais ce n'est pas la servir. Mesvœux , mon but font de lui être utile, en lui démontrant ses besoins Sc ses ressources.

Les Rois, dit-on, Sc les Ministres créent les talens quils protègent ; ils peuventdire au génie, comme Dieu à la lumière : fois , Sc le génie fera : mais, en général, laprotection des Gouvernemens consiste en récompenses plutôt qu en encouragemens ; Scces deux choses qui paroissent n’être que la 'même chose, diffèrent essentiellement parleurs effets. Les récompenses arrivent après les travaux, à la fuite des succès ; mais lesencouragemens portent fur les essais, &: donnent les moyens de concevoir, d’entreprendreSc d’exécuter des ouvrages en tout genre. Ainsi, quoiquon doive être encouragé parl'attente d’une récompense sûre, au moment oû on l’aura méritée, il n’en est pas moinsvrai que les hommes partagés entre des travaux commandés pour les besoins de lavie, Sc des travaux commandés pour les besoins de la gloire, ont encore plus besoind’encouragemens que de récompenses : si vous voulez quils créent, faites-les vivre ;souvent ils n'en ont pas les moyens, Sc ils ne savent pas les chercher.

C’est principalement aux Colonies que les encouragemens font nécessaires : cesétablissemens font réputés nationaux pour leurs produits , Sc étrangers pour leurconsommation, c'est-à-dire, que l'Administration leur doit toute la faveur quelleaccorde ^ l'étranger, comme consommateur utile ou nécessaire de notre superflu, Scquelle leur doit encore les faveurs quelle accorde dans l’intérieur de f Etat pour exciterle travail national.

La politique d’un Empire que la nature Sc l’industrie appellent au commerce, doitdonc embrasser ses colons dans fa bienfaisance, Sc ne regarder les mers qui les séparentde la Métropole > que comme des ponts de communication entre des frères ou des

amis.