succomber à la tentation de faire la contrebande pour leur compte. D’après ce simpleappeau, qu on aprécie, s’il est possible, les malheurs ôc les désastres résultants de cesétablissemens fiscaux.
Depuis que Charlemagne eut chaste les Sarrasins de la Principauté de Catalogne,on y comptoit les années par celles du règne de nos.Rois ; ce ne fut qu en 118o , qu unConcile de Tarragone ordonna qu on les-compteroit à l’avenir par les années de laNativité du Seigneur. Les troupes légères de la Ferme ne font pas moins redoutablesque les Sarrasins chastes par Charlemagne ; ôc si la France , SIRE, vous étoit redevabledu même triomphe, fa gratitude égaleroit toujours son amour pour ses Maîtres. Cettevérité porte avec elle la conviction ôc l’intérêt.
L e seul moyen efficace pour arrêtes la contrebànde , c’est de préférer les droitsd'entrée aux prohibitions absolues . Ces droits proportionnés aux dépenses ôc aux risquesque ces introductions illicites occasionnent, les'détruiront infailliblement.
Tout le monde fait combien les tarifs multipliés font onéreux au peuple ouvrier
qui souffre, à s homme industrieux qui travaille pour accroître la prospérité de F Etat ;
combien ils apportent d'entraves au commerce ; à combien de recherches ces tarifs ôc
ces péages renaistans exposent les voyageurs ôc les voituriers ; combien ces recherches
humiliantes font perdre de tems dans les douanes ; à combien d’avaries elles donnent
lieu. D’après ces connoistances certaines, les partisans des loix prohibitives Ôc des barrières
intérieures d’un Etat, ressemblent au nourrisson qui mutile le sein qu’il devroit prendre
avec une main caressante.
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Le fabricant &: le commerçant sont propriétaires comme le cultivateur, ôc cependantdans le siècle des lumières, on trouve par - tout des commis qui flétrissent avec desempreintes le sein de l’industrie, ôc qui, avec des instrumens fiscaux, brisent les socs,les charrues, les navettes, les aiguilles, &c.
' C* e s t le travail libre qui conserve les forces, qui redouble le courage, qui rend àl’industrie son élasticité naturelle , qui essuie les pleuts du besoin ôc de l’innocencedont il est le bouclier. Eh ! laiffa-nous faire , disoit avec un grand sens un négociantconsulté par Colbert , sur les moyens de faire fleurir l’industrie ôc le commerce. Malgréla sagesse de ce conseil, on a cru les faire prospérer, en les érigeant en privilèges exclusifs,par rétablissement des Communautés en tout genre, ôc en les surchargeant de règlemens,de visiteurs, d’inspecteurs, ôcc. Ces formalités prouvent qu’à force de chérir l’industrie ,on a fait tout ce qu’il falloit pour l’étouffer.
Suivons le cours naturel des choses : nous ne serions capables que de le bouleverser ;
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