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tous les objets, toutes les branches d’exportations actuelles ou pollìbles, fur lesquellesl’Aclministration devra porter son activité, & répandre des encouragemens(i).
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C’est malgré moi que je passe fous silence une multitude d’Arrêts &: de Règlemens' qui ont eu pour objet, de favoriser de plus en plus l’industrie nationale : pourquoi desbienfaits perpétuels n ont-ils pas la même publicité que ces Edits qui affligent les peuplesavant de les avoir lus ! - ,
J e puis donc affirmer, SIRE, fans crainte d'être soupçonné d'adulation, que sousaucun règne de nos Rois, on ne s’est occupé avec plus d’activité de la richesse publique.
En représentant les besoins semblables à un tronc immense d’ou tous les arts, toutesles sciences sortent comme autant de branches & de rameaux, j'ai dû examiner d’aprèsle vœu du cœur de Votre Majesté , ce qui contrarie, ce qui sert ou qui peut servirà la satisfaction de ces besoins, à la prospérité de tous les Etats, & à celle de la France en particulier.
Avant cet examen, je me fuis dit à moi-même : la véritable force d 1 un Ecrivain efidans ses raisons , quand il les puise dans la nature & dans la vérité. Prenons~les pourmaîtres & pour guides ; leurs lumières frappent fans efforts & fans fafle ; avec elles ,on voit , on pense , on sent , on intéresse , on persuade d la fois , ô le succès est un bienfaitpour Vhumanité*
Intimement persuadé que dans la nature tout est: analogue, tout se tient,
• tout est dirigé sur un même plan, ce n'est pas la marche incertaine des Gouvernemensartificiels que je devois me proposer de suivre ; c’est d’une vue plus générale, plus étendueque je devois faire la juste estimation de ce que peut la nature humaine, des changemens,des modifications qu elle est capable de recevoir de l’exemple 8c de la loi. En partantde ces principes, j'ai fondé mes raisons fur la connoissance intime du cœur humain, furles désirs, les jouissances ou les privations des hommes dans l’état de société, 8c sur lesrésultats de l’expérience, qui font les mêmes pour tous les tems.
J e me fuis donc écarté des idées reçues toutes lës fois qu elles m'ont paru incompatiblesavec le bien général. Saisir en grand les traits de la nature 8c de la vérité, développerd’après elles les raisons de mes propres sentimens, c’étoit mettre dans le plus grandjour la fausseté 8c le danger de tous ces systèmes, où l’on semble se plaire à égarer laraison des Administrateurs les plus bienfaisans.
A cet assemblage d’idées incohérentes, à cet art fatal de répandre l’obscurité sur
(i) Du 29 Juin 1785.
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