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Atlas du commerce : dédié au roi / publié par M. Le Clerc, écuyer, chevalier de l'ordre du roi, membre de plusieurs académies, &c.; et par M. Le Clerc, fils, écuyer, officier au régiment de Durfort, dragons
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COM MERCE

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Il est ttès-difficile de se procurer le véritable musc du Tibet , parce que les Chinois enachètent dune mauvaise qualité qui vient de la.Sibérie, Sc ils le mêlent avec celui duTibet .

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L Empereur de la Chine â défendu sous les peines les plus sévères, l'exportationde la rhubarbe de la meilleure qualité ; mais il en arrive une affez grande.quantité enEurope , parce qu on la mêle secrètement avec les racines moins bonnes, & qu on la faitensuite entrer en contrebande sans aucun mélange.

La Couronne de Russe s'est réservé le privilège exclusif d'acheter Sc de vendre larhubarbe. Elle entretient pour cela un commissaire Sc un apothicaire à Kiakta . IlsTachètent des Boukarski Sc des Chinois. On la choisit avec beaucoup de foin, Sc onTexamine scrupuleusement. Toutes les racines mangées des vers font rejetées : cellesqui paroissent bonnes, font percées, afin de voir -si T intérieur n'a rien de gâté 3 Sc oncoupe en petits morceaux toutes celles qui ont T air d etre un peu endommagées.

La Ruísie tire de grands avantages de son commerce avec les Chinois : elle y trouveun débit avantageux de l'excédent de x ses productions, Sc en particulier de ses fourruresSc de ses pelleteries dont elle ne pourroit se défaire ailleurs, Sc sur-tout de celles quiviennent des parties orientales de la Sibérie . Elles font si mauvaises, qu elles ne valentpas les frais de transport en Ruísie. Les fourrures précieuses que*les marchands Russes vendent très-cher aux Chinois, ne trouveraient pas des acheteurs dans leur Empire.Dun autre côté, la Russe se procure par échange plusieurs articles importans, quelleseroit obligée de payer en argent aux Puissances de lEurope , ce qui diminuerait Tavantageque lui donne la balance de son commerce sur elles.

Ces faits se trouvent en opposition avec les réflexions de T Abbé de Mahli ^ opS.croit que le commerce des caravanes ne peut être profitable aux Russes , par les raisonssuivantes : i°. Parce que le trajet de Moskou à-king est immense ; z°. parce queles marchands Russes font obligés de traverser des déserts, Sc des pays qui ne font habitésque*par des peuples barbares ; 3 °. qu il nest point de négoce assez lucratif pour fourniraux dépenses des caravanes qui font pendant trois ans en route. Voilà les objections ,Sc voici nos réponses. Indépendamment de ce que les fourrures de Sibérie font le principalfond de ce commerce , v les caravanes Russes se nourrissent de peu , Sc les traîneauxdont elles se servent pour voiturer les marchandises, font une voie rapide Sc très-peudispendieuse. Quant à la traversée des pays immenses, les Russes ont lavantage de serendre à la rivière dArgoun sans sortir de la Sibérie . Dailleurs quand ils passeraientpar le pays des Kalmouks, ils n auraient rien à en redouter : ces peuples humains Schospitaliers pourraient même être utiles aux caravanes par des échanges. Mais la raison

décisive