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la Puissance maritime de la Caspienne , comme F avoit été Pierre I quelques annéesauparavant.
Une telle nouveauté excita beaucoup de rumeurs à la Cour de Saint-Pétersbourg, Scle rappel immédiat d’Elton fut la première chose qu elle exigea. La Compagnie deRuílie , qui ne pouvoit employer à son égard que la voie de la négociation, lui offrit unesomme considérable s’il vouloir quitter la Perse, & en outre s’engagea de lui procurerde l’emploi dans la flotte Angloise , ou de le faire nommer chef de F expédition projetée,pour aller à la découverte d'un passage dans la mer du Sud par le nord-ouest de T Amérique.Mais soit quil ne dépendît pas de lui de quitter le service de Nadir, ou quily fût attaché,rien ne put F engager à retourner en Angleterre.
La Compagnie se vit donc obligée de vendre les vaisseaux qu elle avoit construits àKazan ; &: un décret fulminant par lequel llmpératrice de Russie lui interdit, en 1746,tout commerce dans la Caspienne , acheva de détruire ses dernières espérances. Les Angloisne s’occupèrent plus que des moyens de faire venir à Pétersbourg les parties de foies quileur restoient dans le Ghilan, Sc ils ne purent même y parvenir : la mort de Nadir quiarriva F année suivante, Sc les guerres civiles qui buoleversèrent auffi-tôt la Perse, dissipèrentles effets de la Compagnie, de même que dans une tempête, un foible esquif disparoîtbientôt sous les vagues. Elton qui s’étoit fait un parti assez considérable, Sc qui espéroitconserver sa domination sur la Caspienne , survécut peu à Nadir, Sc périt après avoirdonné les plus grandes preuves de valeur.
Les Russes mêmes qui avoient refusé un passage aux Anglois, ne trouvèrent pasleur compte à envoyer des caravanes en Perse. Ils abandonnèrent ce commerce, parce qued'une part cette contrée étoit le tombeau de leurs marchands, Sc que de Fautre, voulantfaire la guerre aux Turcs, ils craignoient que Nadir ne saisît cette occasion pour fairedes conquêtes fur la Russe .
LTmperatrice régnante n'a pas perdu de vue le projet de Pierre I pour ouvrirune nouvelle route au commerce par la Caspienne . Dès F année 1768 elle envoyaMM. Samuel'-Ceorge Gmélin dans les provinces septentrionales de la Perse, Sc le professeur'Loiriti pour prendre les niveaux des terrains situés entre le Don Sc le Volga , Sc sonderexactement les profondeurs de ces fleuves. Après s’être occupé pendant deux ans de cestravaux, Finfortuné Lowitz fut pris à Dobrinka au mois d'août 1774 par un détachementdes rebelles commandés par Pougatchof. Ils le traînèrent jusque vers la rivière Lavla ouils Fempalèrent. Les adjoints de Lowitz qui eurent le bonheur de s’échapper, sauvèrenttous ses papiers. De son côté, M. Gmélin fut presque continuellement en butte à desévènemens fâcheux : il parcourut depuis le mois de juin 1770, dans le courant de 1771,
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