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SUR LA MÉDITERRANÉE. 297
-, par la hauteur de la marée qui atteint non-seulement les endroits qu elle n abordoit pas,» lorsqu ils furent bâtis , mais encore par les anciens pavés de la place , qui font beaucoup» au-dessous du niveau actuel de seau, ôc par les restes de quelques édifices considérables,,» découverts il y a peu d’années, lorsqu’on nettoya la partie du port appel lée il Mandracchio.» Quantité de choses que l'on trouve le long de la côte de la mer Adriatique , manifestent„ les progrès de l’agrandissement de l’eau, 6c ne me laissent aucun doute. La mer étend-, constamment son lit, malgré les fleuves qui prolongent la rive , en déposant à leur« embouchure du sable & de la bourbe. Soit que le rivage de notre golfe soit marécageux,-, sablonneux, ou pierreux, on y trouve des ruines d’anciens édifices submergés ; 6c l'on-, y découvre tous les jours de nouvelles preuves que le niveau s'est élevé, ou par la-, rétrocession des fleuves dont le cours a été détourné, ou par l'écroulement dès collines-, 6c des montagnes minées par l’eau. Si l’on prend la peine de faire des observations à« ce sujet, on n'adoptera guère l'opinion connue du célèbre Browalio , ni celle d’un-> des Mathématiciens vivans les plus connus, qui attribue l’élévation de l’eau uniquement-, à la submersion des terres. Les Vénitiens n’ont qu’à examiner les changemens que• -, leur ville a éprouvés, pour juger de la solidité de ce système «. Ces phénomènessinguliers, rapportés unanimement par un grand nombre d’autres Voyageurs , contrastentfort avec la diminution observée dans la Baltique 6c l’Océan Germanique.
M. Busching dit, que lorsque le soleil entre dans le signe du Capricorne, leseaux de la mer Adriatique haussent d’un pied, 6c que leur gonflement est fur - toutremarquable à Venise , où elles montent de cinq à six pieds. On trouve fur cette merune espèce de plante que les Allemands appellent culottes d*eau , 6c les Italiens scioni.Le fond du golfe est composé en partie de différentes sortes de marbre, de pierre, demétaux, de fossiles, 6c en partie de simple roc, de gravier, de fable , de terres grasses 6carides. Donati a découvert, à force de recherches pénibles, que toutes ces matières sont,la plupart, posées par bandes horizontales 6c parallèles aux rochers, aux îles 6c à laterre ferme. Ce fond est chargé d’un enduit ou couverture qui consiste en matières( que les Naturalistes appellent cruflacêes , teftace'es , &C polipares ) mélangées de fable6c de terre, 6c pétrifiées pour la plupart : cet enduit devient de jour en jour plus épais,parce que les corps qui le composent, s’accroîssent 6c se pétrifient insensiblement, cequi est cause que le fond de la mer continue de s’élever. On trouve auffi dans cet enduitdes corps marins entassés pêle-mêle. Donati assure encore, que l’on peut de tems entems appercevoir l’accroissement des terres qui bordent ce golfe, ainsi que la retraite deseaux. La pêche des sardines y est très-considérable. On y trouve également du corail, ainsique dans d’autres parties de cette mer ; Donati croit que ce n’est pas une plante, maisune production formée par les polipes, qu’il assure avoir vu travailler. Le fait ne prouvepas cette assertion, attendu que cet insecte peut fort bien nicher dans l’écorce du corail.
Nous ne nous étendrons pas davantage fur la Méditerranée ; nous renvoyons nos. * Ffff
t.k.