SUR LA MÉDITERRANÉE. 299
Cartes de la Baltique &: du golfe de Finlande , faites d’après les observations des SuédoisSc des Russes, publiées par les ordres de ces deux Gouvernemens, pour la sûreté desNavigateurs Sc les avantages du commerce des deux Nations.
Nous demandons au Public impartial, si c’étoit avec un microscope Sc un multipliant,que sanalyse d’un travail li important devoit être faite ?
Avant de proscrire les Cartes publiées en France , la justice rigoureuse exigeoitqu on les comparât avec les Cartes originales , Sc non pas avec des Cartes Sc des Plansabsolument étrangers à l’objet de la discussion. Cela fait, il falloit démontrer jusqu àsévidence ; i°. que les Cartes originales étoient défectueuses ; z°. que les Russes Sc lesSuédois avoient fait des naufrages ou couru les plus grands dangers, en se servant de cesCartes infidèles ; 3 0 . qu’ils ne s 5 en servoient plus, Sc qu’ils les avoient proscrites, commeétant des pièges tendus fur un grand chemin . Voilà ce qu’il falloit rigoureusement démontrer,en nous conseillant amicalement de condamner à soubli les copies exactes de ces Cartesfunestes aux Navigateurs . Mais, chose étonnante ! les critiques ne connoissoient pas mêmeles noms Sc les Cartes de Jonas Hahn Sc à'André Akerman , lorsqu ils les ont condamnésà soubli. C'est nous seuls qui leur en avons donné connoissance ; Sc si on trouv.e aujourd’huileurs Cartes au Dépôt de la Marine, c’est qu’on se les est procurées depuis le 16 Septembrede l’année dernière.
Jamais, peut-être, un Citoyen, avec autant de zèle Sc d’honnêteté, n'a éprouvéles tracasseries renaissantes dont on nous accable fous un Nom respectable. En concourantaux vues des Ministres du Roi, nous avons cherché à servir utilement Sc le commerce Scl’Etat : un travail intimement lié aux intérêts politiques du Gouvernement Sc aux progrèsde notre commerce, nous promettoit un autre succès que f oppression.
Mais l’homme sensible Sc noble qu on outrage, ne dévore point dans le silence unediffamation publique : la défense est de droit naturel ; on se flatteroit en vain d’étouffersa voix ; il ne se tait qu en cessant d’exister. Nous savons écrit à M. le Maréchal de Caflries yen lui annonçant notre réponse. II aime la vérité : elle est aussi sacrée pour nous que pourlui : nous ne la trahirions pas pour perdre l’ennemi le plus perfide. C’est elle qui a dicténotre réponse ; Sc nous ne craignons point d’encourir la disgrâce de ce Ministre, enlui faisant voir comment sa religion a été surprise. II est trop grand, trop généreux, tropjuste, pour trouver mauvais que nous réclamions le suffrage des Savans, des GéographesSc des Marins du Nord de l’Europe , Sc que nous l’opposions, avec confiance , aux traitsqu une critique trop amère a osé nous porter. Nous pensons même que M. le Maréchalnous estimeroit peu, si notre silence paroissoit avouer un triomphe subalterne , quiblesseroit à la fois son équité naturelle Sc sa délicatesse. Nous renvoyons nos Lecteurs à
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