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Mais est-ce à toi, muse profane,’De t’ailresser à l’Eterncl ;
Est-ce à toi d’être son organe,
De prendre ce ton solennel ?
Roi, berger ! ta muse sacrée,
Et par Dieu lui-même inspirée,Pouvait tenter de tels essais :
Le ver rampe obscur sur la terre tEt l’aigle au séjour du tonnerreS’élève et plane avec succès.
ODE
SUR LE JUGEMENT DERNIER.
Dieu ! quel trouble m’agite, et quelle horreur m’entraîneQuels nombres, quels accords suivrai-je dans mes vers !
Mes chants ont pour objet toute la race humaine,
Et ma muse, en son vol, embrasse l’Univers.
Qu’un autre aille ramper aux pieds de la fortune ,
Et flatter sans pudeur les rois et les héros !
Qu’il vante leurs exploits dont l’éclat m’importuneEt fasse de leurs noms retentir les échos !